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[Première partie.]
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vj DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

dans la foule, craignant que leur maître n’eut été tué du coup de pierre. Le peuple d’A-lexandrie étant accouru au secours du gouverneur, chassa les moines, et arrêta Ammo-niusj amené devant le gouverneur, il fut condamné au supplice, suivant lcslois, et punide mort. Oreste ensuiteinformales princes decequi venoit de se passer 3 mais Cyrille écri-vit à l’empereur tout le contraire, et ayant fait transporter le corps d’Ammonius dans unedes églises de la ville, sous le nom de Thaumasius, il ordonna qu’on le regardât commemartyr, en louant son zèle pour l’église, et en le qualifiant d’athlète de la piété. Lesgens sages, meme parmi les chrétiens, trouvèrent mauvais que Cyrille montrât tantd’intérêt pour Ammonius; car ils assuraient que cet homme avoit été justement puni deson crime, mais qu’il n’étoit point mort dans les tourmens pour la foi, n’ayant pasété sommé de renier Jésus-Christ. C’est pourquoi Cyrille cessant bientôt de pour-suivre cette affaire, chercha à l’assoupir afin qu’on n’en parlât plus ; mais l’inimiliéentre Cyrille et Oreste ne cessa point pour cela, et se ralluma au contraire à l’occa-sion d’une autre aventure pareille à celle qui venoit d’arriver.

« Il y avoit alors dans Alexandrie une femme nommé Hypatia, fille du philosopheThéon. Elle étoit parvenue à un si haut degré de science, qu’elle surpassoit infinimenttous les philosophes de son temps. Elle succéda à Plotin dans son école de philosophieplatonicienne, et elle y expliquoit à ses auditeurs toutes les parties de cette doctrine.Aussi tous ceux qui vouloient l’étudier venoient de toutes parts entendre Hypatia. Laconfiance qu’on avoit dans ses lumières, et l’autorité que ses talens lui avoient acquise,lui donnoient l’occasion de paroître souvent devant les magistrats qui la consultoicnt:et elle leur répondoit toujours sans rien perdre delà modestie qui lui attiroit le respectde toutes les personnes honnêtes; mais l’envie ne l’épargna pas. Ses entretiens fréquensavec Oreste, la firent accuser auprès de la populace des chrétiens, d’empêcher quela paix ne se rétablît entre Cyrille et le gouverneur. Quelques hommes transportesde fureur, à la tête desquels se trouvoit un certain Pierre, lecteur, s’étant réunis pourcommettre le crime qu’ils méditoient, attendent le moment où elle sortoit d’une maison,et l’ayant arrachée de la chaise où on la portoit, ils la traînent vers l’église nomméele Cœsareum. Là, ils la dépouillent de ses habits, et la massacrent inhumainement àcoups de têts de pots cassés. Après l’avoir déchirée en morceaux, ils portèrent ses mem-bres au lieu qu’on nomme le Cinavon,et les y brûlèrent. Qne action aussi barbarerejaillit non-seulement sur Cyrille, mais encore sur l’église d’Alexandrie. Les meurtreset les émeutes et tout ce qui y ressemble sont en effet tout-à-fait opposés à l’esprit duchristianisme. Tout cela se passa dans la quatrième année de l’épiscopat de Cyrille( Le P. Dcsmolets prouve que ce fut dans la troisième), et sous le dixième consulatd’ilonorius et le sixième de Théodose II , au mois de mars, pendant le carême del'année 4i5 (1) ».

(1) luxpir. Içop. £X*>. VII.