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[Première partie.]
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IX
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE. ix

Vérité de l’histoire dans ce qu’il rapportoit des chrétiens fidèles à la pure doctrinede l’église. Philostorge ne mérite donc pas d’être cru quand il les accuse d’avoir faitpérir Hypatia. Et Théophane disant au contraire : « Quelques personnes firent périrde mort violente Hypatia, fille du philosophe Théon et philosophe comme lui (i) »•n’accuse pas les chrétiens de ce crime.

Il résulte de tout ce qu’on vient de lire, qu’il y avoit deux factions dans Alexan-drie,- celle du gouverneur composée de tout ce qui n’étoit pas chrétien , et cellede l’évêque. La jalousie du pouvoir entretenoit la dissension entre ces deux grandspersonnages. Les Égyptiens qui habitoient Alexandrie, nation toujours prête à serévolter, fomentoient ces divisions. Un misérable maître d’école, chrétien, jalouxpeut-être des succès d’Hypatia, étoit en butte au gouverneur. Oreste voulut piquerS. Cyrille dans la personne d’un de ses partisans qui avoit pris chaudement les in-térêts de Théophile oncle et prédécesseur de S. Cyrille. Les Juifs soutenus par legouverneur, allèrent plus loin et massacrèrent cet homme; et par représailles, la po-pulace chrétienne fit tomber sa vengeance sur l’amie d’Oreste. Hypatia n’étoit cependantpas ennemie des chrétiens. Ses liaisons avec l’évêque Synésius le prouvent assez. Ellelaissa après elle beaucoup d’écrits que le temps ne nous a pas conservés, si ce n’est lecanon ou table astronomique, c’est-à-dire, la partie qu’elle calcula dans les tablesmanuelles qui portent le nom de son père, et auxquelles elle avoit travaillé, commelui, comme Ptolemée et comme les autres astronomes d’Alexandrie.

Kuster dit dans son édition de Suidas, qu’Hypatia a composé un commentairesur le canon astronomique de Diophante; mais il confond ainsi deux ouvrages lecanon astronomique avec le commentaire de Diophante. Kuster n’eût pas fait cettefaute, s’il eût fait attention que Diophante n’a jamais été mis au nombre des astro-nomes, et qu’on n’a de lui que des ouvrages sur l’arithmétique ».

Suidas attribue en effet à Hypatia des tables astronomiques, et Philostorge assurequ’elle s’étoit rendue très habile dans les mathématiques et surtout en astronomie, parles leçons de son père, mais qu’elle surpassa dans ces sciences, son maître lui-même ( 2 ).

Il est donc certain qu’Hypatia futauteur d’un canon astronomique (3), comme le disentWolfius et Portus, habiles traducteurs du seizième siècle, qui ont mieux rendu cetendroit de Suidas, que ne l’a fait Kuster qui auroit dû pour cela les consulter et lessuivre; mais ce canon n’est autre que ce qu’elle a inséré de son travail particulier dansles tables manuelles attribuées à son père uniquement, à cause du commentaire qu’ila composé sur ces tables.

(1; ŸTrartav tïîv yûotxoyov , Svyotxspx tou yikoGOf ou, fitxttp Savàxep Tfcveç avsï^ov.

Theophan. chronogr.

(1) fîrartav t/iv ©éojvoç Suyarépot jrapà toü nar p'oç ra pafinftara, izollü d's jtpstTTs» yevéaSat

toO d'tdaj/xXou -, xal poûtçâ y s ire pi txv àçpoQexpiOvx xiyvnv.

(3) A çpovopiv.hv xavova.

Disc. P.

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