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[Première partie.]
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VIII
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viij DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

à l’envie que sa sagesse et son habileté' en astronomie avoient excitée contr’elle. Ilesy-cliius dit la même chose. Et ces auteurs sont plus croyables que Damascius, puisqueleur silence sur la part que Damascius prétend que S. Cyrille eut à la mort d’Hy-patia, est d’accord avec le silence de Photius sur cette prétendue participation. Fa-bricius dans sa bibliothèque grecque ne dit pas que Cyrille ait trempé dans la sédi-tion du peuple, et moins encore dans le meurtre d’Hypatia, mais seulement qu’elle futtuée par de mauvais chrétiens, parce qu’ils croyoient qu’elle s’opposoit à la réconci-liation de l’évêque et du gouverneur; et M. Cave, savant ministre protestant, dansson histoire littéraire, déclare S. Cyrille innocent de ce crime, et rend témoignageà la probité et à la piété de ce prélat (1) ».

« Cette action, dit le sage abbé Fleury, attira de grands reproches à S. Cyrilleet àl’églised’Alexandrie : car ces violences sont tout-à-fait éloignées de l’esprit du christianisme».Mais si nous sommes justes, nous ne pourrons trouver dans S. Cyrille en cette occasioncomme les auteurs de l’art de vérifier les dates l’ont dit, qu’un excès de zèle qui futbientôt réprimé dans son aine, par le pardon de l’injure que lui faisoit le gouverneurOreste, en excitant contre lui les Juifs d’Alexandrie, et en refusant l’offre de récon-ciliation dont l’évêque lui avoit fait porter la prière. S. Cyrille étoit un prélatéclairé; nous avons de lui entr’autres ouvrages, une lettre avec un prologue sur Je jourde la célébration annuelle de la fête de Pâques, qui décèle une grande instructiondans leur auteur. Il est impossible qu’un homme de ce mérite se soit véritablementrendu coupable de la faute dont ses ennemis l’ont accusé; s’il l’eût commise, l’église nele compteroit pas au nombre des saints, et il en est de lui comme de S. Cyprien évêquede Carthage qui fut calomnié dans le troisième siècle de l’église, par haine pour savertu, et par envie de scs talens (2).

Pour conclure par un résumé succinct des raisons alléguées par les deux partiesdans ce fameux procès, depuis si long-temps débattu avec la même passion encorequi a fait commettre le crime, nous pouvons juger par la comparaison des piècesoriginales contradictoires, que l’historien Socrate absout S. Cyrille de ce meurtre.A la vérité Philostorge, dans son abrégé historique attribue la mort d’Hypatia auxcatholiques qui prêchoient la consubstantialité, mais il n’en taxe pas S. Cyrille, quel-qu’envenimé que fût cet historien contre les orthodoxes. Photius, très-peu orthodoxelui-même,blâme dans Philostorge l’emportement de l’hérésie qui lui faisoit violer la

y ) Enarrationum quœ ad historiam vitte et Joli Hypatiœ pertinent, superest adhuc aller locus qui de cou-sis cl rationibus cœdis agit. lu his enim afferendis ciim admodum diversœ sint scriptorum velerum sententiœ,atque inprimis e recentioribus nondesint qui Çyrillum, quasi Jacinoris auctoreoi, vehemenlissime insectentur,nostri laboris esse videtur veram cœdis rationem eruere, et Çyrillum ab iniquissimis criminationibu s vindieare.

M J. Clir. Wernsdorf. Vitcmbcrg.

(X Doctr. T. 1. II.