MÉMOIRE
SUR L’ANNÉE DE LA MORT D’ALEXANDRE-LE-GRAND, *
TRADUIT DE L’ALLEMAND DE M. IDELER,
Par M. l’abbé H ALMA.
Le problème dont l’objet est de déterminer la date julienne du jour où Alexandre deMacédoine est mort, est un des plus difficiles que l’on puisse se proposer dans lesrecherches de l’antiquité. Les historiens impartiaux, Ptolémée tfls de Lagus, Aristo-bule et autres, n’ont pas trouvé d’ère fixe à laquelle ils pussent coordonner les évé-nemens du règne de ce grand roi. On sait que les Grecs n’en purent avoir une, quesous Ptolémée Plïiladelphe, par Timée, qui composa des tables parallèles où il rangeasoigneusement les années des rois de Sparte et des prêtresses d’Argos avec les noms desarchontes d’Athènes et des vainqueurs aux jeux olympiques. Timée fut ainsi le créateurde la supputation du temps par olympiades, et des annales grecques. Avant lui,on négligeoit la chronologie, ou on n’employoit que des déterminations vagues etincertaines qui rendirent dans les temps postérieurs la fixation des époques trèsdifficile, souvent même impossible, aux hommes curieux de recherches historiques.
Nous ignorons comment Ptolémée et Aristobule ont procédé. Il est probable qu’ilscomptoient par les années du règne de ce roi, et par mois macédoniens. Si celaest vrai, les noms des archontes et des mois attiques que nous trouvons dans Arrien,qui prétend les suivre de préférence, dans Plutarque et autres, ont été formés parréduction, dont nous ne garantirions pas l’exactitude, dans la connoissance impar-faite que nous avons du rapport de la supputation macédonienne à l’attique, quandmême nous aurions encore les premières supputations du temps.
On ne s’étonnera donc pas de voir que les principales époques de l’histoired’Alexandre soient si peu fixées ; mais après tout, il n’est guère possible de soutenirque les chronologistes qui rapportent, jusqu’à l’heure même de sa mort, toutes lescirconstances de sa vie, diffèrent entr’eux de près d’une année, dans la déterminationdu temps de cet événement, les uns plaçant au commencement de cette année cefait dont les conséquences ont été si considérables, et les autres à la fin de cette mêmeannée qui fut la première de la n4 e olympiade. A ces deux opinions si différentes,M. Ghampollion-Figeac en a ajouté une troisième dans scs Annales des Lagides, ensoutenant qu’Alexandre étoit déjà mort à la fin de la il3 e olympiade. J’ai fait de cettedernière opinion, l’objet d’un nouvel examen qui, à la vérité, n’a pas été suivi