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Seconde partie.
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XVI
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xvj ÉLOGE

est l’unique patrimoine, et charment leur solitude : dans toutes les conditions de la vie,elles suggèrent de douces espérances et de nobles sentimens.

Après deux années d’interruption, Delambre, qui avait conservé soigneusement tousles résultats de son travail, eut enfin la faculté de s’y consacrer entièrement; il le repritd’abord sous un autre titre, et ensuite*’on ne tarda point à renouveler les dispositions quiavaient pour objet la mesure de l’arc du méridien. Il poursuivit avec constance tous lesdétails de cette immense entreprise; elle fut achevée avant la dernière année du siècle.Les résultats que l’on avait obtenus furent calculés suivant différentes méthodes dontplusieurs furent proposées par Delambre. On fit. aussi dans ces calculs l’application d’unthéorème très remarquable de M. Legendre, et qui convient spécialement aux mesuresgéodésiques.

Si l’on considère l’importance du sujet, les questions d’astronomie, de géométrie et dephysique qu’il fut nécessaire de traiter, les noms célèbres des savans français ou étran-gers qui concoururent à cet examen, les conséquences capitales et durables de ce tra-vail, on peut dire qu’aucune autre application des sciences n’est comparable à celle-ci,et n’olfre le même caractère d’exactitude, d’utilité et de grandeur. C’est le jugementqu’en ont porté toutes les Académies de l’Europe, et l’opinion de l’Institut de Francefut solennellement exprimée , lorsqu’on lui proposa de désigner l’application la plus im-portante des sciences mathématiques ou phy siques dans le cours de dix années ; lessuffrages unanimes décernèrent ce prix à l’auteur de la base du système métrique.

La longueur d’une partie déterminée du méridien fut donc connue avec une extrêmeprécision. Ce résultat et celui des mémorables expériences de M. Lefevre-Giueau ontservi de fondement à l’établissement des mesures françaises.

L’ensemble de cette grande opération comprend encore les expériences qui ont étéfaites en divers lieux sur la longueur du pendule suivant les procédés inventés parBorda, et toutes les observations qui ont eu pour objet de prolonger l’arc du méridienjusqu’à Formentera, et de le prolonger aussi vers le nord en joignant les travaux géodé-siques de la France avec ceux de la Grande-Bretagne.

IJne des conséquences les plus remarquables des sciences modernes, est celle qui serapporte à la forme elliptique du Globe terrestre. L’applalisscment des régions polaires,déterminé par le mouvement de ce globe autour de son axe, est démontré par toutes lesmesures géodésiques, il l’est aussi par la comparaison des longueurs du pendule; et, cequi est un des témoignages les plus élonnans de la perfection des théories astronomiques,la mesure de cet applatisscment se déduit avec la plus grande exactitude de l’observationattentive du mouvement de la lune. On a découvert dans le cours de cet astre des irré-gularités dues à l’action de la Terre, et qui n’auraient point lieu si cette planète étaitexactement sphérique. On a déterminé par ces inégalités même la quantité de l’appla-tissement terrestre avec plus de précision encore qu’on ne l’a pu faire par des mesuresimmédiates, en se transportant successivement dans les diverses régions du Globe.