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dimanche ; Rome, l’Ilalie, l’Afrique, la Libye, l’Espagne, la Gaule, la Bre-tagne, toute la Grèce, l’Asie et le Pont.
« Cette question ayant été examinée de nouveau, tous les Pères convinrentd’observer la Pâque le même jour, et les Orientaux promirent de se conformerà la pratique de Rome, de l’Egypte et de tout l’Occident: mais on prononçaen d’autres termes sur cette matière que sur celle de la foi. C’est Saint Anas-tase qui en remarque la différence. Sur la foi , on dit: voici quelle est la foi del’Église Catholique : nous croyons, etc., pour montrer que ce n’est pas un rè-glement nouveau , mais une tradition apostolique. Aussi ne mit-on pas à cedécret la date du jour ni de l’année. Sur la Pâque, on dit: nous avons résoluce qui suit... ; pour marquer que tous y dévoient obéir. Le jour de la Pâquefut fixé au dimanche immédiatement suivant la pleine lune la plus proche del’équinoxe du printemps, parce qu’il est certain que Notre Seigneur ressuscitale dimanche qui suivit de plus près la Pâque des Juifs. Pour trouver plus ai-sément le premier jour de la lune, et par conséquent le quatorzième, le con-cile ordonna que l’on se serviroit du cycle de dix-neuf ans, parce qu’au boutde ce terme , les nouvelles lunes reviennent à peu près * aux mêmes jours del’année solaire. Ce cycle avoit été trouvé environ 7^0 ans auparavant par unAthénien nommé Méton: et on l’a nommé nombre d’or, parce qu’on marquoiten lettres d’or dans les calendriers, les jours des nouvelles lunes. On croitd’après S. Jérome, sur Hippolyte de Porto, que le concile chargea de ce calculEusèbe de Césarée, et il est certain qu’il avoit composé une règle ou tablepascale de dix-neuf ans (ennéadecaëteride), pour appi’cndre le jour variableen chaque année de la fête de Pâques, et qu’il avoit expliqué l’origine et le sujetde cette question, dans un discours adressé à l’empereur Constantin, qui l’enremercia par une lettre. « **
Les premiers calculateurs du calendrier ecclésiastique ignoroient que lessolstices et les équinoxes anticipoient*** d’un jour en 72 ans à peu près, quoi-que les astronomes grecs Hipparque et Ptolemée eussent , quelques sièclesauparavant, démontré cette anticipation, dans leur fameuse école d’Alexandrieen Égypte. **** C’est pourquoi les chrétiens ne se réglant pour calculer leretour annuel de la fête de Pâques, que sur la période lunaire de dix-neuf
* Cet à peu près étoit si peu régulier, qu’en comparant les éclipses de lune de 19 en 19 ans, onvoit qu’elles n’arrivent pas aux mêmes jours des pleines lunes.
*+ L’abbé Fleury, Histoire Ecclésiastique , 1er vol.
*** C’est ce qu’on nomme la précession des équinoxes et des solstices. Elle consiste en ce que lalune par son action sur le sphéroïde terrestre, les fait rétrograder de 5 o secondes de degré par anvers l’Occident, c’est pourquoi ils passent chaque année au méridien un peu plus de 3 secondesd’heure plus tôt que l’année précédente, et en faisant le tour du ciel en près de 26000 ans , d’Orienten Occident, ils parcourent ainsi un degré en 72 ans environ.
***+ Voyez le volume de ma traduction française de l’Astronomie ou Almageste de Ptolemée.