AVANT-PROPOS.
xiij.
les choses ecclésiastiques ; ce qui n’a pas peu contribué à la destructionde cet Empire, en y entretenant un foyer de dissensions religieuses, quidétournoient les esprits de l’attention et de la concorde que demandoientles besoins et la défense de l’État.
Qui ne connoit pas les écrits de l’Apostat, 1 Henotique de Zenon , etI’Ecthèse d’Héraclius? Ce dernier voulut même déterminer le jour annuelde la fête de Pâques, au lieu d’aller défendre les frontières de l’Empireque les Barbares resserroient de plus en plus, en lui enlevant Alexandrieet l’Egypte entière. Il dressa même des fastes consulaires ; ou plutôt n’a-t-il eu d’autre part aux écrits qu’on lui attribue, que d’y mettre son nom.
Quoi qu’il en soit, Isaac Argyre a su mettre plus de clarté dans sa TablePascale qu’Héraclius dans son Édit. 11 s’est surpassé lui-même dans cetteTable ; le cinquième chapitre surtout est si lumineux , si précis et si juste,qu’il semble avoir été composé de nos jours. Car il décèle dans son au-teur tin homme bien instruit des causes qui faisoient varier d’année enannée le jour de la solennité pascale. Et tout verbeux et tout prolixe qu’ilest, bien qu’il ignorât l’intensité de ces causes * Isaac Argyre a la gloired’avoir soutenu par ses travaux, dans la décadence de l’astronomiegrecque, celte belle science née avec Thalès, accrue par Pythagore, Arys-tille , Timûcharis, perfectionnée par Hipparque et Ptolemée, conservée parThéon , et déclinant depuis jusqu’à Isaac Argyr^ qui semble l’avoir em-portée avec lui dans la tombe, puisqu’il n’a précédé que de peu d’annéesla prise de Constantinople et la dévastation de sa patrie par Mahomet II 5et ce conquérant féroce éteignit dans le sang des Grecs les derniers rayonsdes lumières qui avoient si long-temps illustré leur nation.
* Ce bon et savant moine grec faisoit sans doute ses observations astronomiques, s’il en a faitquelqu’une, du haut de la coupole de Sainte-Sophie de Constantinople, comme les astronomesCaldéensdu haut du temple de Bahylone. C’est pour cela que j’ai représenté au frontispice dece livre, cette magnifique basilique bâtie par Constantin, comme j’ai représenté les restes dutemple de Babylone, dans mes volumes des Hypothèses et de la Chronologie de Ptolemée.