xvj PRÉFACE.
contradiction aussi évidente ; et ces orbes, qu’il appelle des sphères, ne sont que desorbites idéales, des cercles fictifs tels qu’ils seroient décrits par les corps célestes, sidans leur course ils laissoient une trace après eux.
Ce qui a pu donner lieu aux astronomes du moyen âge de regarder comme dessphères matérielles les orbites que Ptolémée fait décrire par les corps célestes, c’est quecet auteur les appelant toujours oyaîpixi , que les traducteurs hébreux, arabes et la-tins, ont rendu littéralement par le mot sphère , on attribua à Ptolémée l’idée gros-sière de faire tourner dans le ciel des cercles les uns dans les autres. Mais de memeque Ptolémée exprime le mot arc par celui de rteptf êpeia , périphérie, qui signifie parminous tout le contour d’une figure fermée, il exprime par le mot sphère , un simplecercle, comme nous nommons vulgairement cercle la simple circonférence du cercle,quoiqu’un cercle soit proprement l’espace contenu dans la circonférence. Ptoléméepour exprimer par des images sensibles les mouvemens des corps célestes, a été obligéde revêtir ses idées, d’expressions empruntées d’une mécanique ingénieuse qui, encoreaujourd’hui, pour représenter les mouvemens opérés dans le ciel, ne peut faire autrechose que de combiner des cercles, d’y attacher les figures des astres, et de les fairetourner par des ^>oids et des ressorts.
En divisant le cercle en 36o parties égales ou degrés, et le diamètre du cercle en120 autres parties, il trouve par le moyen des cordes exprimées en un certain nombrede ces parties du diamètre, les valeurs des arcs en degrés de la circonférence. Les côtésdu décagone, de l’hexagone, du pentagone, du carré et du triangle équilatéral, luiservent à déterminer les cordes des restes de la demi-circonférence, de la somme et dela différence de deux arcs donnés, celles du double et de la moitié d’un arc, et delà il tire les cordes de tous les arcs de demi en demi degrés. La table qu’il en a dresséeles contient à côté de leurs arcs respectifs jusqu’à 180 degrés, avec les trentièmes deleurs différences pour les intermédiaires. Ainsi la corde de 10 degrés étant marquéeio p 27' 3a" équivaut à o, 174314 parties du rayon, qui sont la valeur du doubledu sinus de 5 degrés.
Le premier usage qu’il fait ensuite de cette table, est de l’appliquer à l’évaluationde la plus grande déclinaison du soleil, dont la connoissance est le fondement detoute la science astronomique. Ptolémée l’a observée à l’aide de deux instrumens.L’un étoit le mètèoroscope, armille (*) dont le plan étoit posé dans celui du méridien,et dans le bord concave de laquelle glissoit à frottement dur un autre cercle portant despinnules par lesquelles il visoit au soleil, dans les solstices d’été et d’hiver, et il mar-quoit leur intervalle en degrés sur la circonférence de l’armille. L’autre instrumentest un quadrant astronomique qu’il appelle plinthe , ou parallélépipède rectangle. Ilprenoit sur l’un et l’autre le milieu des points soltitiaux pour le point de l'équateur,et il trouvoit que l’obliquité de l’écliptique étoit de 23 d 5 F 20". Elle étoit donc dimi-nuée de ce qu’elle avoit été dans les premiers temps de l’astronomie grecque; à enjuger par la fin d’un passage de XHistoire de l’Astronomie, d’Analolius, que Fabricius
Egnatio Danti , p.'ôi’j , dell uso... dell astrolabio... et lliccioli 3 Alm. nou. p. i35.