XX
PRÉFACE.
compliquer de plus en plus ; et cela seul doit nous convaincre qu’il n’est pas celui de lanature. Mais en le considérant comme un moyen d’assujétir au calcul, les mouvemenscélestes, cette première tentative de l’esprit humain, sur un objet aussi compliqué,fait honneur à la sagacité de son auteur».
Sans doute, tout cet échafaudage de cercles supposés décrits les uns dans les autres,en faisoit une machine trop compliquée, pour qu’elle put convenir au vrai systèmedu monde. Mais avouons aussi que la manière d’expliquer la marche des corps célestesne comporte guère plus de facilité, même en substituant d’autres suppositions à cellesde Ptolémée, puisqu’aujourd’hui encore nous ne pouvons en rendre aucune raison sa-tisfaisante, que par l’attraction qui n’est elle-même qu’une hypothèse, et qui n’exprimequ’un fait et non pas une cause (*) qui nous reste par conséquent inconnue. Il ne regar-doit pas, lui-mème, les siennes , comme réelles, mais seulement comme des moyensd’expliquer l’ordre céleste qu’il avoit paru impossible à llipparque d’expliquer autre-ment que par cette complication de cercles. Nous pensons, dit-il dans son liv. III, qu’ilconvient de démontrer les phénomènes par les hypothèses les plus simples, pourvuque ce qu’elles supposent ne paroisse contredit en rien d’important par les observa-tions. Schubert (**) a déjà fait la meme remarque. Elle se trouve confirmée par la ma-nière dont Ptolémée énonce ces hypothèses et les déductions qu’il en tire. 11 se sertpresque toujours du futur ïçou sera , ou du conditionnel au lieu du temps présent,comme dans le ch. 4 du liv. IV, où il dit que les similitudes non seulement des rap-ports, mais encore des temps de l’un et de l’autre mouvement seroient ainsi sauvées ,èiao&'Çomo âv. Le choix arbitraire qu’il propose dans son liv. I1L, de l’excentrique ou del’épicycle pour expliquer le mouvement du soleil, montre bien qu’il ne regardoit pasl’un comme plus réel que l’autre. Il a choisi dans les moyens que la géométrie lui four-nissoit, ceux qu’il jugeoit les plus propres à représenter les effets dont il vouloitrendre compte. « La géométrie n’est qu’un instrument dans les mains de l’astronome »,dit Bailly, cet instrument ne crée rien, mais en se prêtant à l’usage qu’on en fait sui-de bonnes observations, il donne des résultats justes.
La lune est le sujet du quatrième livre, et le premier astre pour lequel Ptoléméeemploie celte combinaison des deux cercles, mais par degrés et à mesure que les iné-galités du mouvement de cet astre l’y contraignent. Il commence par dire que seséclipses doivent être préférées pour les observations, parcequ’elles donnent son lieusans aucune erreur de la part des parallaxes, la lune éclipsée occupant toujours lepoint du ciel diamétralement opposé au soleil. La première chose à déterminer, c’estle temps de la révolution lunaire : Iiipparque corrigeant les anciens, trouve le nombre126007 j ours et une heure, pour le temps de la lune emploié à revenir à un mêmepoint avec la même inégalité ou anomalie de mouvement : ce qui lui donne 29' Z-xenviron pour la révolution lunaire. Ptolémée entre là-dessus dans une grande discus-sion pour faire voir que cette période est sujette à plusieurs conditions qui la rendentdifficile à fixer. 11 présente une autre méthode qui consiste à chercher par les deux
Traité élênt. de physique , tom, 1 .
(**) Theoretische Astronomie.