XXV
PRÉFACE.
et la plupart des autres astronomes. Je renvoie aux raisons qu il en donne. Sans vou-loir prononcer sur ce point, qui véritablement est de la plus grande conséquencepour l’astronomie, je me contenterai d’observer que Ptolémée, ne trouvant d’unepart, l’épi avancé que de 2 f degrés vers l’orient en a65 ans, et de l’autre ne comp-tant que x degré de précession par siècle, n’a donc pas négligé les 65 ans environdont il est question, puisqu’aux 2 d pour les 200 ans, il ajoute /jo pour les 65 ans.Il est vrai qu’il s’est trompé sur la quantité de la précession. Mais en quoi celaa-t-il influé sur le reste ? L’auteur de la Mécanique Céleste va prononcer sur cettequestion :
«Ptolémée confirma le mouvement des équinoxes, découvert par Hipparque, encomparant ses observations à celles de ce grand astronome. Il établit l’immobilité desétoiles entr’elles, leur latitude constante au-dessus de l’écliptique, et leur mouve-ment en longitude, qu’il trouva de 1 degré par siècle, comme Hipparque lavoitsoupçonné. Nous savons aujourd’hui qu’il étoit à fort peu près de 1 54“ ; ce qui, vul’intervalle compris entre les observations d’Hipparque et de Ptolémée , semble sup-poser une erreur de plus d’un degré dans leurs observations. Malgré la difficulté quela détermination de la longitude des étoiles présentoit à des observateurs qui n’avoientpoint de mesure exacte du temps, on est surpris qu’ils aient commis de si grandeserreurs, sur-tout quand on considère l’accord des observations que Ptolémée cite àl’appui de son résultat. On lui a reproché de les avoir altérées ; mais ce reproche n’estpoint fondé. Son erreur sur le mouvement annuel des équinoxes paroît venir de satrop grande confiance dans les résultats d’Hipparque sur la grandeur de 1 année tro-pique , et sur le mouvement du soleil. En effet, Ptolémée a déterminé la longitude desétoiles, en les comparant soit au soleil par le moyen de la lune , soit à la lune elle-même, ce qui revenoit à les comparer au soleil, puisque le mouvement synodiquede la lune étoit bien connu par les éclipses. Or Hipparque ayant supposé l’année troplongue, et par conséquent le mouvement du soleil plus petitque le véritable, ilest clairque cette erreur a diminué les longitudes du soleil et de la lune, dont Ptolémée a faitusage. Le mouvement en longitude qu’il attribuoit aux étoiles, est donc trop petit,de l’arc décrit par le soleil dans un temps égal à l’erreur d’Hipparque sur la longueurde l’année. Au temps d’Hipparque, l’année tropique étoit de 365 jours 24234", ce grandastronome la supposoit de 365' 24667", la différence est de 433", et pendant cetintervalle, le soleil décrit un arc de 47 7 5 en l’ajoutant à la précession annuelle defi 1" déterminée par Ptolémée, on a i58" pour la précession qu’il aurait trouvée s ilétoit parti de la vraie grandeur de l’année tropique, et alors son erreur n eût été quede 4". Cette remarque nous conduit à examiner si, comme on le pense généralement,le catalogue des étoiles de Ptolémée , est celui d’Hipparque, réduit à son temps, aumoyen d’une précession annuelle de 111". On se fonde sur ce que 1 erreur constantedes longitudes des étoiles tlans ce catalogue, disparaît quand on le rapporte au tempsdHipparque. Mais l’explication que nous venons de donner de cette erreur, justifiePtolémée du reproche qu’on lui a fait, de s’être attribué l’ouvrage d’Hipparque : et ilparaît juste de l’en croire lorsqu’il dit positivement qu’il a observé les étoiles de sonT. cl