PREFACE. xxv ij
ces deux planètes, au lieu de les faire tourner autour d’un centre imaginaire. Maispersuadé que son système pouvoit seul convenir aux trois planètes supérieures, il letransporta aux deux inférieures, et il fut égaré par une fausse application du prin-cipe de l’uniformité des loix de la nature, qui, s’il étoit parti de la découverte desÉgyptiens sur les mouvemens de Mercure ou de Vénus, l’auroit conduit au vrai systèmedu monde ». Vénus et Mercure ont leurs plus grandes digressions loin du lieu moyendu soleil. En commençant par Mercure ses observations comparées aux anciennes, ildétermine ses mouvemens, en quels points du zodiaque se font ses digressions, la plusgrande et la plus petite suivant le mouvement des étoiles fixes. Il prouve que cetteplanète est deux fois périgée dans chacune de ses révolutions ; il donne la grandeuret la proportion de ses inégalités, ses mouvemens moyens par l’intervalle de tempsentre deux observations, et ses époques pour la première année de Nabonassar par lemouvement moyen depuis cette année, retranché du lieu de l’observation. On avoittrouvé que Ptolémée n’est pas heureux dans ce qu’il dit de Mercure, mais Lalandea révoqué ensuite dans son second mémoire, ce qu’il avoit avancé dans le pre-mier, que la théorie de Ptolémée étoit plus imparfaite pour cette planète que pourles autres. Par exemple, avoit-il dit: «Son moyen mouvement annuel est trop petitde 4 5 ', tandis que pour les autres planètes, l’erreur ne va qu’à environ i5". Ces 45"fi erreur par année, feroient aujourd’hui 2 o à , c’est-à-dire que les conjonctions arriventactuellement cinq jours plutôt qu’elles ne sont annoncées dans les tables de Ptolémée ».Mais dans le second mémoire il ajoute: «Jusqu’ici on n’a pas tiré grand parti,ce me semble, des observations de Mercure, rapportées dans 1 ' Almageste } qui furentlaites il y a 16 ou i 8 cents ans. Bouillaud en avoit calculé une partie dans son Astro-nomie Philolaïque. M. Cassini, dans ses Élémens d’Astronomie , les rejetta pour s’entenir aux passages fie Mercure sur le soleil. Pour moi, j’ai reconnu qu’elles sont im-portantes, et qu’elles déterminent le mouvement de l’aphélie, aussi exactement queles observations du dernier siècle (*) ». Exemple frappant du peu de fondement de plu-sieurs des reproches faits à Ptolémée.
Le dixième livre développe avec plus de clarté, les mêmes combinaisons de l’excen-trique et de lépicycle pour Vénus. Il démontre comment on trouve les points ou l’é-cliptique est coupée par le diamètre de l’excentrique, qui passe par sa plus grande etsa moindre digression ; la grandeur de l’épicycle, les proportions de l’excentricité,les mouvemens moyens et les vrais, et enfin leurs lieux pour l’époque de Nabonassar.H entre ensuite dans une théorie générale des trois planètes supérieures : il l’appliqued abord à Mars dont il détermine l’excentricité et la plus grande digression, ainsi quela grandeur de son épicycle; et il finit par donner la correction de ses moyens mou-vemens périodiques, et les lieux de cet astre toujours pour la même époque.
Le livre onzième poursuit la même théorie appliquée à Jupiter et à Saturne : il dé-termine de même pour la première de ces deux planètes d’abord, et ensuite pour1 autre, l’excentricité et la plus grande digression, la grandeur de l’épicycle, leurs
( ) Second Mém, de M .. Lalande sur Mercure, 1766 . et Astronomie , 1771 , tom. II.