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Composition mathématique de Claude Ptolémée : = ΚΛΑΥΔΙΟΥ ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΜΑΘΗΜΑΤΙΚΗ ΣΥΝΤΑΞΙΣ / [Claudius Ptolemaeus] ; traduit par M. Halma
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XXXII
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xxxij P R E F À CE.

planètes lui est due toute entière. Il cite toujours Hipparque avec éloges, il déclare sin-cèrement ce quil a pris de lui, et il nous apprend avec la même candeur quilnavoit pas composé un corps complet dastronomie, mais seulement des mémoiressur diverses parties de cette science. «Nous ignorons, dit Bailly avec raison, quellepreuve on pourroit donner du soupçon que Ptolémée ne fût point observateur. Parexemple , la détermination du mouvement des fixes fondé sur des observations deMénélas et dAggripa, quil auroit pu être tenté de sattribuer, vu limportance decette détermination ; il ne la cependant pas fait. Ptolémée na pu ni supjjoser au-cune observation. Nous croyons bien quil a usé de finesse en ne donnant de ses propresobservations, que celles qui saccordent avec le résultat moyen de toutes les autres.Cette adresse, que nous napprouvons pas, nest cependant point un crime. Dailleurs,pourquoi nauroit-il pas fait les observations des planètes, quil sattribue ? Il y a centfois plus de mérite à avoir imaginé ses hypothèses, quelque défectueuses quelles soient,à avoir conçu lidée de 1 'Almageste, dépôt de toutes les connoissances astronomiques,quà avoir fait le plus grand nombre dobservations ; Ptolémée nignoroit pas quillaissoit un trésor à la postérité, quoiquil ne prévît pas que ce livre perpétueroit las-tronomie jusquà Copernic, et feroit seul létude de quatorze siècles».

Si Ptolémée se fût contenté de rapporter ses propres observations, sans y joindrecelles qui avoient été faites avant lui, pour en déduire une théorie certaine , non seu-lement il ne seroit pas devenu en quelque sorte larbitre de la science pendant un silong espace de temps, mais même ses écrits nauroient pas eu un meilleur sort queceux de ses prédécesseurs. Ils auroient péri avec eux, et cest à lidée heureuse davoirformé un répertoire des phénomènes recueillis des anciens et comparés avec ceux deson temps, quil doit toute sa gloire, et que nous devons les seuls fragmens que nousayons dHipparque. Recevons donc louvrage de Ptolémée avec regret, sans doute,de ce que nous navons plus, mais avec reconnoissance de ce quil nous a conservé ;comme après un naufrage qui a englouti des richesses quon regrette inutilement,on recueille avec un sentiment mêlé de douleur et de plaisir, le peu qui a échappé àla fureur des vents et des flots : on en sent mieux le prix, quand on songe à quels dan-gers on la arraché, et au dénuement lon seroit plongé , si lon navoit pas sauvéces tristes et précieux débris.

Si de la considération des matières, nous passons à la manière dont elles, sonttraitées, nous ne pourrons pas nous empêcher de reconnoître une grande diffé-rence entre les démonstrations géométriques et les explications quil y joint. Au-tant les premières sont claires et même élégantes, à leur longueur près qui tient augenre de trigonométrie sphérique alors en usage, autant les autres sont obscures etentortillées. Les anciens ne connoissant pas les sinus et tout ce qui en dépend, em-ployoient les cordes des arcs, qui leur servoient à évaluer les angles considérés tantôtcomme inscrits, tantôt comme au centre, suivant le besoin du calcul. Cette méthodedéjà fort longue par elle-même, le devient encore plus par les répétitions souvent très-inutiles que Ptolémée y ajoute. Il ne vous en fait pas plus grâce à la fin de son livre,quau commencement. Et cependant, au travers de ses interminables périodes, on