Buch 
Composition mathématique de Claude Ptolémée : = ΚΛΑΥΔΙΟΥ ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΜΑΘΗΜΑΤΙΚΗ ΣΥΝΤΑΞΙΣ / [Claudius Ptolemaeus] ; traduit par M. Halma
Entstehung
Seite
XXXI
JPEG-Download
 

XXX

PRÉFACE.

et un seul jour qui réponde à la fois à toutes ces longitudes. Celle de la lune surtoutconfirme parfaitement la date dont il est question. Il est vrai que, par nos tables mo-dernes , on trouve trois degrés de moins que Ptolémée ne donnoit à la longitude de lalune pour ce temps- ; mais on trouve la même différence pour le soleil, et lon voitbien que cela venoit de lerreur de Ptolémée sur la durée de 1 année ».

Ce nest pas seulement la chronologie qui se reconnoît redevable à Ptolémée, desdates quelle emprunte des phénomènes célestes quil rapporte, parcequelles setrouvent liées dans lhistoire, à des événemens politiques dont on ne peut assigner laplace dans lespace des temps, que par le moyen de ces phénomènes dont le calculastronomique donne toujours les époques justes; la géométrie a aussi obligation à cetastronome, de plusieurs théorèmes féconds en conséquences utiles pour les diversesbranches des mathématiques. Je nen veux pour preuve que le Lemme il dé-montre, liv. I,ch. 9, que le rectangle des diagonales dun quadrilatère inscrit au cer-cle, est égal à la somme des deux rectangles des côtés opposés ; démonstration quelhabile géomètre Simson a trouvée si belle quil la insérée dans sa traduction anglaisedes Élémens dEuclide, et on la retrouve encore employée dans les autres livresde prin-cipes des mathématiques pures. Que dirai-je enfin de cette trigonométrie sphériquequi remplit les deux premiers livres, sinon que cest un extrait de ce quHipparqueavoit écrit sur cette matière; que toute ancienne quest cette doctrine , elle est neuvepour nous; et que lart avec lequel elle est employée dans la Composition Mathéma-tique, décèle dans lauteur de cet ouvrage un jugement solide, et une pénétration peucommune. «Sil y a eu de plus grands génies que Ptolémée (*), il ny a pas eu du moinsdhomme qui, eu égard au temps il a vécu, ait rassemblé plus de connoissancesutiles au progx ès de lastronomie ».

Bien des gens nen conviennent pas cependant. Car Hipparque étant de tous les astro-nomes qui lont précédé , celui dont il a le plus profité, on a prétendu que commeJustin a causé par son abrégé historique, la perte de la grande histoire de Trogue-Pompée, les oeuvres dHipparque ne se sont perdues que parcequon en trouvoit lasubstance dans louvrage de Ptolémée. «Ce dernier, dit Lemonnier (**), moins occupéde lhistoire générale des observations, que de ses hypothèses et de ses tables, nous acausé en les publiant, tine perte irréparable ». Cette inculpation est grave, elle est mêmespécieuse ; et non content de rendre Ptolémée coupable de lanéantissement des obser-vations qui auroient être contraires à ses théories, Lemonnier répète tous les re-proches que font à ces hypothèses, Képler, Halley et tous les autres modernes. Etcomme la passion ne connoît point de bornes, quand une fois elle se déchaîne, 011 aété jusquà dire que Ptolémée non seulement na pris des observations anciennes, quecelles qui étoient les plus propres à établir ses hypothèses, mais encore quil na mêmefait aucune observation par lui-même, et quil a tordu celles des autres à ses idées.

Il faut navoir pas lu louvrage de Ptolémée pour soutenir une pareille assertion,car Ptolémée a soin de distinguer les observations qui sont de lui, davec celles quiltient des autres astronomes. Il déclare dans les derniers livres que la théorie des

(*) Essai sur VHist. des Mal/tém.

(**) Institutions Astron.