XXXV
PRÉFACE.
Composition Mathématique de Claude Ptolèmèe. Quelques-uns l’appellent GrandeComposition , titre qui me paroît être venu de la distinction qu’on a voulu faire entrecet ouvrage et la collection des opuscules par lesquels j’ai dit que l’on se préparoitdans l’école d’Alexandrie à l’étude de Ptolémée. Quoi qu’il en soit* le titre arabe pré-valut, parcequ’il est plus court, et a ce fut d’abord sous ce titre qu’d fut connu par-tout où les Sarrazins portèrent leur langue avec leurs armes triomphantes depuis lesbords de l’Euphrate jusqu’à ceux du Tage (*) ».
La Grande Composition de Ptolémée fut traduite pour la première fois du grec enarabe, suivant d’Herbelot (**), par Ishac-ben-Honaïn, et corrigé dans cette dernièrelangue, par Thebith-ben-Corah. Shirazi en a fait un commentaire qu’il a intitulé Al-Mescolat Almagesthi, ou Megasiti selon le grec barbare de la première version latine.Honaïn étoit chrétien et médecin du calife Motawaki ; c’étoit un des chrétiens réfugiésde plusieurs endroits de la Syrie et de l’Arabie, dans l’fraque babylonienne aux envi-rons de Coufah. 11 se servit beaucoup d’Ishak son fils et de Hobaïz son neveu, pourles traductions d’Euclide et de Ptolémée, suivant Ben-Sclionah; il mourut l’an 260 ou261 de l’hégyre, sous le califat de Motamed, vers 863 de J-C. Ces premières traduc-tions furent suivies de plusieurs autres; celle de l’année 827 passe pour une des der-nières du savant calife Almamoun, qui, dit-on, y mit lui-même la main. Le manuscrit7x58, de la version latine de l’arabe, dit effectivement quelle a été exécutée parAlahazer-ben-Joseph, et par le chrétien Sergius, l’an 212 de I’hégyre, sous Almamoun.D’Herbelot fait mention d’une version persanne de l’ouvrage de Batalmiouz, nom queles Orientaux donnent à Ptolémée. Bouillaud a publié les tables queChioniadesavoittraduites en grec après les avoir rapportées de la Perse où les versions arabes avoientporté l’ Almageste depuis le calife Almanzor. Et Chardin (***) rapporte que les astro-logues persans le lisent encore, mais certes, sans l’entendre, à en juger par leur astrolabequ’ils font semblant de consulter pour prédire l’avenir. L’arabe Alfergan qui avoitpartagé avec le calife Almamoun les travaux astronomiques de ce prince, donna ensuitedes élémens d’astronomie, qui ne sont qu’un abrégé de ce qu’il y a de plus aisé dansY Almageste, et Albatani les rectifia en 880. L’étude de l’astronomie ayant pénétré enEspagne avec les Sarrazins, Géber de Séville et Averroès de Cordoue, dans le 12 e siècle,abrégèrent Ptolémée, Géber en simplifiant sa trigonométrie à laquelle il substitua laforme actuelle par les sinus, et Averroès en y ajoutant un passage de Mercure sur le soleil.
Ce fut aussi sur les traductions arabes, que les juifs d’Espagne en firent d’autres enhébreu dans le treizième siècle. Le catalogue des manuscrits de la bibliothèque deTurin par J. Pasinus, en 1749 , fait mention d’une traduction hébraïque sur par-chemin, sous le titre de Grand Livre, appellé Almageste , composé par Ptolémée,et traduit par Rabbi Jacob, fils de Rabbi Samson, fils de Rabbi Antol, avec desfigures géométriques et des notes marginales. Il dit qu’outre ce manuscrit, cettebibliothèque en possède encore deux, l’un intitulé : Ahbréviation du Livre deP Almageste par Ben-Rasciad ou Averroès, traduite par le même Rabbi Jacob,
(*) Cassini , Disc, sur l’Orig. de VAstr. (* ¥ ) Bibl. Orient, et IVeidler. (***) Voyages , lom. 3 .