xxxvj PRÉFACE.
l'an 1236 marqué à la fin, 4996 fie la création; que cet abrégé se trouve aussi en -hébreu dans la grande bibliothèque de Paris; et que l’autre est une seconde tra-duction hébraïque du même abrégé arabe de Ben-Rasciad, par R. Moyse, fils deSamuel Tibbon. Le premier de ces manuscrits est encore dans la bibliothèque deParis (*); les autres y ont été la plupart apportés de Constantinople par Vansleb, sousle ministère de Colbert. La liste que Bailly en a donnée k la fin de son premier vo-lume, la bibliothèque arabe de Caziri, les bibliothèques orientales de d’Herbelot et deHottinger, la bibliothèque rabbinique de Bartolocci et d’Imbonati, et enfin les cata-logues des grandes bibliothèques publiques de l’Europe donneront une connoissancesuffisante de ces versions, qui ne doivent pas nous occuper plus longtemps, puisquec’est en dernière analyse au texte grec qu’il faut les comparer, aussi bien que les ver-sions latines, pour juger de la fidélité des unes et des autres.
Mais qui nous assurera de la pureté du texte grec? La critique nous fournit deuxmoyensde l’éprouver. La comparaison desplusanciens manuscrits qui nous l’ont trans-mis, et le calcul. Le premier de ces moyens est commun à tous les ouvrages anciens, lesecond est particulier à ceux qui traitent spécialement de quelque partie des sciencesexactes, et sert à redresser les fautes que le premier pourroit ne pas faire appercevoir,ou qu’il pourroit même quelquefois autoriser. Car la plupart de ces manuscrits et sur-tout ceux d’astronomie , ayant été exécutés par des hommes étrangers à ces matières ,les fautes s’y sont multipliées sous leurs plumes, et l’on ne s’en apperçoit que par le cal-cul qui, dans une main habile, est une règle certaine et infaillible de la vérité. «Per-sonne n’ignore que de tous les ouvrages littéraires ceux de mathématiques exigent leplus de correction,et que passant par les mains des copistes ils sont les plus exposés àen manquer. Il est si aisé d’altérer, de changer, de déplacer, d’omettre quelques-unesdes lettres alphabétiques -qui servent d’indication ! Le retour fréquent de ces caractères,leur multitude éblouit la vue du copiste, fatigue son attention, égare sa main , occa-sionne des méprises qui multipliées, rendent le texte inintelligible (**)». Ces fautes fré-quentes dans les manuscrits, ne doivent pas nous étonner. Les plus anciens que nousayons sont d’un temps où l’astronomie étoit tombée en décadence chez les Grecs, puis-que nous n’en avons que de simples relations des observations de ïhius rapportées parBouillaud (***), et qui sont du 7 e siècle. Nous voyons par les écrits de l’évêque Ilippoly teet d’autres auteurs, dans YUranologium du P. Pétau, et par le fragment attribué àl’empereur Héraclius (****) , les peines que la détermination de la fête de Pâquesdon-noit aux astronomes chrétiensdece temps. Ceux de l’église romaine n’étoientpasen étatde les rectifier ; car peu versés en mathématiques ils connoissoient aussi peu l’astrono-mie. Depuis que les barbares du nord avoient inondé lesprovinces occidentales de l’em-pire romain, les sciences avoient disparu. Les cloîtres seuls conservoient le peu delivres qui avoient échappé aux ravages de l’ignorance et de la grossièreté. Bède etles moines ses confrères en Angleterre ne s’occupoient d’astronomie que pour la
(*) Bailly , Hist. de l’Astr.
(**) Uupuy , Mém. sur Anthem. Acad, des insc., vol. 4t.
(***) Astr. phi!ul.
Dodivel. Diss. Cypr ,