N PRÉFACE. xliij
sûrement pas l’arabe plus que le grec, il est assez clair que cet abrégé, s il n a pasété fait sur la version latine de l’arabe , n est qu une analyse du livre de Géber tra-duit par Gérard qui méritoit bien un peu plus d’indulgence ou de reconnoissancede la part de ceux qui le critiquoient si aigrement, après le service qu’il leur rendoitpar une version dont ils ont si bien profité sans le nommer. Ils ne citent que les Arabes,en donnant à Géber, à la fin du troisième livre, les démonstrations géométriquesqu’ils rapportent concernant l’inégalité des nychthémères, sur laquelle Ptolémée nafait que s’étendre en longs raisonnemens.
Nous connoissons deux éditions de cet épitome, lune est de lan 149 ^ ® Venise,in-fol., corrigée par G. Grossch Roëmer, publiée par J-B. Abiosus et imprimée chezJ. Hamman de Landau. L’autre est de l’an i55o, à Nuremberg, par les soins de E. Floclc.Celui-ci donna la même année i55o,le 8 août, une troisième édition sous le nom seulde Régiomontan. Il y est dit que cet abrégé étoit préféré partout à la version complète dePtolémée faite par George de Trébizonde, et si mauvaise, selon Muller ou son éditeur,que Ptolémée même, s’il revenoit au monde, ne s’y reconnoitroit pas, tant il sy verroitdéfiguré, répugnant, et différent de lui : même. D’ailleurs, ajoute-t-il, les démonstrationsde notre abrégé sont plus concises, les choses y sont plus brièvement et plus claire-ment expliquées, nos disciples les y saisissent mieux que dans les longueurs et lesobscurités de l ’Almageste même. Véritablement, soit brièveté dans les démonstrationsplus resserrées et débarrassées du calcul numérique, soit précision dans la forme etl’arrangement, il présente sous un point de vue plus fixe et plus net, parcequ il est plusrapproché, la substance des méthodes trop délayées dans les discours prolixes dePtolémée. Cet éloge n’a donc rien d’outré. En nous donnant une idée du mérite de l’ex-trait , il rend justice à celui du commentaire qu’il remplace, et dont il nous fait con-noitre l’auteur, au moins par ses talens. Comme cet abrégé peut servir à suppléer cequi manque dans les Commentaires de Théon, et qu’il contient des observations d'é-clipses de soleil, tandis que dans Ptolémée on n’en voit aucune de cet astre, je l’aitraduit dans ce qu’il tient des Arabes surtout, comme Purbach et Régiomontan l’onttiré d’eux. Car il paroit qu’ils ne firent pas de progrès assez considérables dans la languegrecque pour lire Ptolémée, puisqu’ils n’ont donné que cet abrégé, auquel se réduitla prétendue traduction de Y Almageste par Régiomontan. La mort ne lui permit pasplus qu’à son maître de la faire; car de Hongrie, où le roi Mathias Corvin l’avoitfait venir pour lui confier sa bibliothèque que lesTurcs brûlèrent peu de temps après,étant retourné à Rome, où il étoit appellé pour la réformation du calendrier en^76 , par le pape Sixte IV qui l’avoit nommé évêque de Ratisbonne, il y mourut à1 âge de 4o ans,ou de la peste, ou du poison que lui avoient donné les fils de George (*)irrités du témoignage peu favorable qu’il avoit rendu de la traduction de leur père.Cette vengeance n’y corrigea rien ; «et néanmoins avec toutes les fautes dont elle four-mille , 1 obscurité et la confusion qui y r régnent, cette seconde version latine est la seulequi soit entre les mains des astronomes peu familiarisés avec le grec (**) ».
La première édition de cette seconde version est de Ven ise, in-fol., en i5i 5, chez
O Naudé et de l'hou, Hist et Mém. (**) Montucla, liist. des Mathématiques.