PRÉFACE. Ixj
Situations relatives des étoiles, quoiqu’elle puisse altérer les figures des constellations ,et par conséquent leurs distances entr elles.
Pour éviter ce dernier inconvénient, Flamsteed proposoit des cartes ou les parallèlesfussent des droites équi distantes dont les degrés de longitude «croient propor-tion^ aux sinus de leurs distances au pôle le plus voisin, et égaux entr eux sur leursparallèles (*) Cette sorte de carte ne pourrait guère s étendre au-dela de dix degrésde latitude de part et d’autre de l’équateur, parceque les méridiens qui sont enlignes droites sur une zone aussi étroite, supposée tangente à la sphère dans toute lacirconférence de l’équateur, seraient trop courbes, étant prolongés à de plus hautes lati-tudes, pour continuer d’y être représentes par des droites. Je lai preferee cependantpour les zodiaques d'Hipparque et de Ptolémée, parceque les alignemens par lesquelsils indiquent les étoiles seraient déformés et rompus dans toute autre projection.Mais pour le ciel de Ptolémée, j’ai adopté son planisphère, en le comparant auxdeux de l’atlas de Flamsteed, et j’ai tracé chaque constellation par un simple trait decontour, pour ne pas cacher les étoiles sous de vaines images.
Après avoir parlé de l’ouvrage, il est bien juste de parler aussi de l’auteur. Onaime à reconnoître l’homme dans ces génies si élevés au-dessus du commun deshommes. La figure copiée du livre de Comestor par Mabillon, ne ressemble pas auportrait que les Arabes font de Ptolémée , car elle est sans barbe, et trop bien dessi-née pour le siècle où elle doit avoir été faite. Or Ptolémée, comme tous les autresphilosophes grecs, portoit la barbe, puisque les Arabes lui en donnent une bien four-nie. Plus proches que nous de son temps, ils pouvoient apprendre ces circonstancespar quelques notices que nous n’avons plus, et nous pouvons les croire sur des chosesaussi indifférentes. Ils le représentent d’une taille moyenne, avec la peau blanche,la démarche imposante, les pieds mignons, une tache de rougeur à la joue droite,une barbe noire et touffue, la bouche petite, mais les dents de devant proéminenteset découvertes Sa voix étoit douce et sonore; mais son haleine étoit forte. 1} marohoitbeaucoup; il alloit souvent à cheval; il étoit prompt à se fôcher et lent à s’appaiser;.d’ailleurs sobre, et faisant de fréquentes abstinences. Boissard s’est avisé de fairegraver sa figure (**), mais elle ne ressemble pas plus au portrait qui vient d’être tracé,que celles que lui donnent Stabius, Brietius, Mabillon et d’autres.
Quant aux événemens de sa vie, Ptolémée nous est plus connu par l’ouvrage quil’immortalise, que par des détails qui lui soient personnels. Les Arabes, qui aimentbeaucoup à moraliser, lui attribuent des sentences qui, n’ayant aucun trait àl’astronomie, peuvent être passées sous silence. La même préface de la versionarabe où elles se lisent, le nomme Batalniiouz Al-Phelaudi, Ptolémée natif dePeluse, et ajoute ensuite qu’Abougiafar écrit dans son livre du choix des études,que Ptolémée naquit et fut élevé à Alexandrie, et qu’il n’étoit pas du sang desrois d’Égypte qui portoient le même nom que lui. Isidore de Seville lui donnepourtant le titre de roi. MaisM. Buttmann (***) a prouvé dans une savante dissertation
(*) lliat. cœl. brit, et atlas . Icônes illust. air. (***) Muséum des Alterthums IV iiber K. Pt.