lxiv PRÉFACE.
à Canope. Ptolémée distingue en effet les anciennes armilles qui dévoient être cellesdes anciennes écoles où il dit ( liv. III) qu’elles s’étoient dérangées par le laps detemps, et les nouvelles qu’il consultoit de préférence dans ces nouvelles écoles oùelles étoient placées à l’entrée de la Palestre sur le sol, et éclairées par le soleillevant. Ainsi, elles dévoient être bien à découvert pour recevoir les premiers rayonsdu soleil, n’être entourées d’aucun bâtiment, et par conséquent près de la mer, jus-qu’où nous avons vu par Strabon que les maisons de la ville s’étoient étendues.
Ces écoles étoient en grande réputation , et fréquentées par des étudians qui s’yrendoient de toutes les parties du monde. Clément d’Alexandrie en parle avec éloge,ainsi qu’Atlienée et Philostrate. Elles subsistèrent, avec la bibliothèque, même aprèsl’abolition du musée par Caracalla, et Benjamin de Tudèle rapporte qu’elles étoientencore au nombre de vingt, de son temps, dans le 12 e siècle. Elles étoient fameusespour la médecine, comme nous l’apprenons de Pétrone dans le repas de Trimalcion, etpar un monument qu’a publié Falconerius dans ses Athlétiques. C’est une inscriptionantique qui fait mention de l’Asclépiade d’Alexandrie, du Pancratiat, du temple deSérapis, et des philosophes nourris gratuitement dans le musée. Mais la plus célèbrede toutes étoit celle d’astronomie : les travaux d’IIipparque, de Ptolémée,deThéon, ensont encore de nos jours une preuve qu’on ne peut détruire. On peut dire des grecsrelativement aux Arabes , ce que Cicéron en a dit relativement aux Romains : que lesvaincus étoient devenus les maîtres des vainqueurs , par les lumières qu’ils leur com-muniquèrent. Effectivement les Arabes trouvèrent encore à s’instruire dans ces écoles,après le coup funeste qu’ils leur avoient porté ; et l’humanité doit particulièrement àla médecine et à l’astronomie auxquelles ils s’appliquèrent de préférence, la douceuret la sensibilité, qui commencèrent dès-jors à remplacer leur férocité naturelle,excitée par le fanatisme et l’avidité.
Que Ptolémée ait été prêtre de Sérapis, c’est ce qu’il nous importe très-peu de sa-voir. Sa préface l’indiqueroit assez par le cas qu’il fait de la théologie, et par les qua-rante années qu’il a passées dans le temple de Canope. Ce qui nous intéresse bien plus,c’est de déterminer le lieu précis de ses observations. Il doit les avoir faites dans le lieuoù il a demeuré si longtemps. Canobus ou Canope étoit un dieu honoré en Égypte,suivant les témoignages rapportés par Bouillaud et Jablonski. Epiphane et Rufin disentqu’il étoit enterré à. Alexandrie, et qu’il avoit un temple à 12000 pas de là sur le bordde la mer. Denys Periegète fait entendre que ce temple étoit la ville même de Canope,à 120 stades d’Alexandrie, et que cette ville en a pris son nom; or le stade est lavingtième partie de notre lieue de 25 au degré, dans la géographie de Ptolémée; leterme moyen entre ces deux nombres , est donc de cinq lieues pour l’intervalle de cesdeux villes : c’est à peu près celui que Danville leur donne. Il est vrai que Strabonen parlant de Canope , ne dit pas qu’il y eût un temple du dieu Canope, mais bien deSérapis; et Pausanias s’exprime de même. Cela vient, comme le remarque très-bienSchlœger dans Jablonski, de ce que les Egyptiens, qui avoient les étrangers en hor-reur , ont métamorphosé Canobe en Sérapis pour ne pas rendre des honneurs divinsà un grec mort sur leurs terres. En effet Canobe étoit le pilote de Ménelas, qui avoit