PRÉFACE. Ixv
relâclié sur la côte d’Egypte à son retour de la guerrede Troie : il y mourut, et Ménélaslui éleva un tombeau dont les Grecs ont fait un temple. Mais les Égyptiens l’ontnommé Sérapis, au lieu d’Hercule que les Grecs y mettaient aussi. Ainsi le Sérapisdes Egyptiens étoit l’Hercule ou le Canope des Grecs.
Les pavillons, car c’est ainsi, suivant Pline et Vitruve cités par Bouillaud, qu’ilfaut entendre les Ptères ou ailes du temple où Olympiodore dit que Ptolémée passaquarante ans,étoient les parties latérales d’un édifice soutenu ou entouré decolonnes,à peu de distance de la mer, situation que Ptolémée choisit comme la plus convenablepour des observations astronomiques. D’un côté, l’inscription de Ptolémée dans letemple de Canope prouve qu’il y demeuroit ; d’un autre côté, le témoignage de Strabonprouve que Canope étoit devenu une partie d’Alexandrie ; on peut donc dire quePtolémée n’a pas quitté Alexandrie, tout en demeurant à Canope; et ce qui prouvemieux que tout le reste, qu étant a Canope , Ptolemee etoit a Alexandrie dont Canopefaisoit partie, c’est que dans sa géographie, il place Canope 15 minutes plus à l’orientqu’Alexandrie, qu’il met à 6o d 3o'; et qu’il donne à l’une et à l’autre 3i d de latitudeà laquelle il a porté en nombre rond, les 3o d 58' qu’il avoit trouvés, suivant le cha-pitre 12 du liv. Y de sa Composition , pour la latitude du lieu d’où il observoit àAlexandrie. Lalande adopte ces 3 i d , mais il a tort d’ajouter que c’est parceque le mu-sée devoit être dans la partie méridionale de la ville; car le plan d’Alexandrie an-cienne et moderne, que l’on voit dans S te .-Croix (*), est assez semblable à celui qu’endonnent le P. Sicard, Danville etBonamy (**), sinon queBonamy représente la villeactuelle dans l’île même du Phare, etS'VCroix dans l’Heptastadium, isthme qui jointPile au continent. Or tous ces auteurs s’accordent à mettre et le quartier Rhacotis oùétoit le Serapeum, et le bruchionoù étoient les anciennes écoles, au nord d’Alexandrie,vers la mer. Car ils disent que le quartier Rhacotis étoit près du vieux port Eunosteau nord-ouest de l’ancienne ville dans le continent ; que le Bruchion , quartier oùétoient situés les palais, les magasins de blé, et les temples qui faisoient partie dupalais,étoit sur le bord du grand port au nord-est de l’ancienne ville; et que le cheminde Canope aboutissoit par la porte Canopique à la grande rue qui passoit dans leBruchion. Ainsi Ptolémée , soit qu’il demeurât à Canope ou dans le temple Serapeum ,et qu’il y ait fait ses observations, soit qu’il les ait faites dans les écoles du Bruchion ,les a certainement faites au nord d’alexandrie ancienne. Le quartier de ces anciennesécoles est encore reconnoissable aujourd’hui à cette aiguille ou obélisque de Cléopâtre,qui étoit le gnomon des astronomes, dont Ptolémée parle dans le second livre, et à cesrestes de colonnes renversées, qui formoient une enceinte, comme le dit quelque partun de nos sa vans les plus distingués dans la connoissance des langues orientales, et desplus avantageusement connus par sa Chrestomathie. Ces monuments sont bien au midide la nouvelle Alexandrie, mais non de l’ancienne. Tout concourt donc à prouver quePtolémée observant à Canope, où par l’extension de ce lieu le long de la mer, leSerapeum se trou voit compris depuis que l’Egypte étoit au pouvoir des Romains,
(*) Examen des Historiens d’Alexandre, (**) Mém. de l’Acad. des Inscript. _