lxvj PREFACE.
n’avoit pas besoin de réduire ses observations au parallèle d’Alexandrie, à cause dupeu de différence de latitude entre ce tenTple de Canope et les écoles, et qu’il n’y aaucun changement à y faire à cet égard.
En prenant l’intervalle des deux observations extrêmes de Ptolémée rapportées dansson ouvrage, savoir de l’éclipse de lune la 9 e année d’Adrien, 1 26 de l’ère chrétienne,à la dernière observation, du 2 février i/Ji de J-C, je trouve que V Almageste em-brasse un espace de 1 5 à 16 ans, et qu’il n’a pu être terminé que 5 ans après l’époqueque lui fixe Rabbi Abraham Ben Samuel Zacut (*). Or puisque Ptolémée a consacréson inscription l’an 10 d’Antonin, après avoir dressé son catalogue d’étoiles pourla première année de ce prince, 137 de J-C, il vivoit donc encore dans l’année 147de J-C. Mais il a observé 4 ° ans •> suivant Olympiodore ; il a donc commencé dès l’an107 de J-C, 9 e du règne de Trajan. Supposons qu’il eut alors 20 ans, il seroit doncné l’an 87 de J-C, ou 7 e du règne de Domitien; et en admettant avec les Arabes qu’ila vécu 78 ans, il seroit mort dans l’année i 65 , 5 ‘ du règne de Marc-Aurèle dont effective-ment Suidas dit qu’il étoit contemporain. Notre Ptolémée 11e fut donc pas l’astrologuePtolémée à qui il faut attribuer les opuscules astrologiques qui sont sous ce nom,et qui vécut à Rome sous Néron, Galba et Othon (**), puisque ceux-ci moururentl’an 69 , environ 18 ans avant la naissance de Ptolémée l’astronome , et 78 ansavant la consécration de l’inscription gravée par ce dernier sur une des colonnes dutemple de Canope. Cette inscription étoit une récapitulation des mouvemensmoyens, des époques et des lieux des astres ; ou une table du genre de celles queles astronomes d’Alexandrie avoit dressées pour avoir sous la main les nombres quientroient le plus fréquemment dans leurs calculs. Ils les appelloient pour cette raisonTables Manuelles , elles leurs servoientà calculer d’une manière plus expéditive,parcequ’elles ne contenoient que des résultats démontrés et fixés.
De toutes ces tables, la plus célèbre est celle qui est connue sous le nom de Canonastronomique des Rois, commencé à llabylone et continué à Alexandrie. Elle recon-noit plusieurs auteurs : d’abord les astronomes chaldéens qui observant à Babylone,datèrent leurs observations des années de leurs rois, depuis Nabonassar inclusivementjusqu’à Alexandre qui termine cette première partie. La seconde, commençant àPhilippe Aridée, frère du conquérant, ne se continue que par les rois qui luiont succédé en Égypte, et passe sous silence leurs contemporains successeurs de ceprince dans les royaumes de Macédoine, de Syrie et autres : ce qui prouve que cettetable ne fut continuée qu’à Alexandrie. L’auteur des remarques sur les fastes deThéon (***)> veut que ce soient les prêtres égyptiens d’Héliopolis qui ont fait cette conti-nuation. Cela est possible et n’empêche pas de croire qu’Alexandrie, étant la résidencedes rois grecs-macédoniens d’Égypte , et le siège de lecole qu’ils y avoient fondée, lesastronomes grecs y ont continué aussi ce catalogue des rois, pour les mêmes raisonsqui l’a voient fait dresser par les astronomes de Babylone, de qui ils en tenoient la
(*) Biblioth. rabbin. Bartolocci , v. 1 , p. 55 . (**) Tarit. Hist. I. j ; Naudé apol. des gr. h.
(***) Obstrv. in Theon. Fast.Grœc. pr. Amstel. 1735.