SUR LA MORT DU GÉNÉRAL FOT. [faj
Reçois l’adieu plaintif de ce peuple attristé ;
Et jouis des honneurs que l’avenir t’apprête.
Ce peuple, dont ici ma voix est l’interprète,
Est déjà la postérité.
Pour toi vient de s’ouvrir le temple de mémoire ;
Et les fastes français , enrichis de ta gloire,
Tont voué dès long-temps à l’immortalité.
XI.
Un général, au nom d’une jeune Muse française a lu surle tombeau les stances suivantes :
Pleurez, Français , pleurez! la patrie est en deuil;Pleurez le défenseur que la mort vous enlève;
Et vous, nobles guerriers, sur son muet cercueil,Disputez-vous l’honneur de déposer son glaive !
Vous ne l'entendrez plus l’orateur redoutéDont l’injure jamais ne souilla l’éloquence;
Celui qui, de nos rois respectant la puissance,
En fidèle sujet parla de liberté :
Le ciel, lui décernant la sainte récompense,
4 commencé trop tôt son immortalité!
Son bras libérateur dans la tombe est esclave ;
Son front pur s’est glacé sous le laurier vainqueur,
Et ce signe sacré, cette étoile du brave,
Ne sent plus palpiter son cœur.
Hier, quand de ses jours la source fut tarie