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à 363 mètres au-dessus du lac ; je vois encore que cetteligne arrive au Salève où la dislocation s’élève à 1,009mètres au-dessus du lac et où la sortie de la grandemasse calcaire a énormément écarté les deux lèvres dela molasse 1 .
Je crois donc que le Mont-Salève , la colline de Boisvet la ligne anticlinale qui traverse la Suisse et se pro-longe jusque sur les bords de Piller, ont la même ori-gine et sont une seule et même manifestation d’un grandphénomène de plissement qui a eu une part très-largedans le relief des Alpes et des contrées voisines.
La montagne du Salève présente une position excep-tionnelle, c’est une grande élévation calcaire, entouréede tous les côtés par la molasse tertiaire. Celte positiona déjà été souvent signalée et souvent aussi on a discutépour savoir si cette montagne appartient à la chaîne duJura ou à celle des Alpes .
Un coup d’œil rapide jeté sur les caries géologiquesde la Suisse, de la Bavière et de l’Autriche , fera biencomprendre la position exceptionnelle du Mont-Salève ,car on ne verra nulle part une montagne, formée parles terrains jurassiques ou néocomiens, isolée au milieude la plaine de molasse tertiaire.
En rattachant la formation exceptionnelle et locale decette montagne à un phénomène plus étendu, j’ai montré
1 Ce genre de dislocation me rappelle ce qui a été dit naguè-res par un savant ingénieur des mines : «On peut suivre, dit-il,ces lignes parallèles de fractures (celles des environs de Plom-bières, département des Vosges ) jusque dans le département dela Côte-d’Or, et l’on retrouve encore auprès de Dijon , c’est-à-dire à plus de 160 kilomètres de Plombières , un pointement gra-nitique résultant de la même cause géologique. » — M. de Billy,Comptes rendus de l’Académie des sciences , l. XLI11. 19 mai 1836.