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Traité de la culture du pin maritime comprenant des études sur la création des forêts, leur entretien, leur exploitation et la distillation des produits résineux / par Eloi Samanos
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CULTURE DU PIN MARITIME

peinent, de force et de taille, mais du moins avec tous les impor-tants caractères de ses énergiques principes de vie et de croissance.Orgueilleux et hardi, quelle que soit sa position, notre pin semblen’avoir qu’un but : s’élever et grandir. 11 s’élance, s’élance tou-jours, et paraît ne vivre que de l’ambition de se dépasser sans cesse.

Mais il est cependant pour le Pin maritime, comme pour toutesles autres plantes d’ailleurs, des terrains ennemis. Tels sont les ter-rains calcaires. Le calcaire et le pin sont irréconciliables, jamais ilsne formeront famille. Il en est de même encore de certains solscaillouteux comme de certaines argiles qui, par leur ténacité, leurdureté invincible, ressemblent à la pierre, et, par conséquent, arrê-tent toute végétation en ne permettant pas aux racines de s’enfoncerdans leur sein. — Cette remarque, dans une végétation aussi peudifficile, tous les auteurs l’ont faite. Ils posent tous en principe lesrestrictions dont nous venons de parler. Pour nous en convaincre,jetons un rapide coup d’œil sur leurs écrits.

L’abbé llozier, dans son Cours complet il'agriculture, l. Vil,p. 685, dit : — « Le Pin maritime ne se plaît pas, végète faiblement« et périt de misère, s'il est semé dans les terres calcaires. » Et ilajoute, p. 685 : — « Le Pin maritime vient, à la vérité, dans de« mauvaises terres, mais seulement dans des sols sablonneux... J’ai« vainement tenté de multiplier, dans mon habitation, près de« Béziers , le Pin maritime, et je n’ai pas réussi, parce que le sol est« tenace et calcaire. »

Malesherbes, dans ses Observations sur les Pins en général el enparticulier sur le Pin maritime , affirme qu’il n’y a aucun arbre àqui les terrains calcaires et crétacés soient plus contraires, qu’il ena fait l’expérience chez lui et que plusieurs de ses amis l’ont faiteaussi.

Le marquis de Chambray, dans son Traité pratique des arbresrésineux conifères, dit, p. 215 : — « Dans le Maine , où l’on ne« sème guère le Pin maritime que sur des sables plus ou moins« arides, plus ou moins substantiels, il réussit très-bien dans un« sable profond, onctueux, couvert d’une couche de terre de bruyère« ou d’une couche de terre végétale. — Le Pin maritime présente« cet avantage inappréciable qu’on peut le cultiver sur des sables« quartzeüx si arides qu’aucun arbre, même le Pin laricio et le Pin« sylvestre;, ne pourrait y croître; »