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Traité de la culture du pin maritime comprenant des études sur la création des forêts, leur entretien, leur exploitation et la distillation des produits résineux / par Eloi Samanos
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CULTURE DU l'IN MARITIME

« quatrième année, selon la vigueur des plants, on doit commencer« à supprimer tous les sujets fourchus et mal venants, et même une« partie de ceux qui sont beaux, lorsqu’ils sont très-serrés les uns« contre les autres ; à cet âge, on les arrachera facilement à la« main. La seule règle que l’on puisse assigner à cette opération,« qui est essentielle et de laquelle dépend beaucoup le succès de la« pinière, c’est de la confier à un ouvrier intelligent, qui conserve« les arbres les plus beaux et les mieux venants ; ils doivent être« espacés, après l’opération, de manière que leurs branches laté-« raies se touchent sans se croiser. Les pins qui auront été repiqués« seront traités de même à mesure qu’ils en auront besoin.

« L’éclaircissage doit se répéter tous les ans ou tous les deux ans ;a les arbres se trouveront beaucoup mieux d’être espacés peu à peu« que de rester pressés plusieurs années et de se trouver ensuite,« par un éclaircissage trop abondant, isolés et livrés à l’intluence« du grand air et de la lumière, auxquels ils ne sont pas accou-« tumés ; ils seraient étiolés, auraient peu de branches latérales et« ne pourraient résister aux grands vents, qui les inclineraient.« C’est pour cette raison que l’on voit tant d’arbres arqués dans« les pinières où l’éclaircissage a été fait trop tard et sans intelli-« gence. Quelques propriétaires n’éclaircissent qu’au bout de dix à« douze ans ; ils prétendent que leurs pins deviennent plus longs et« plus droits lorsqu’ils sont pressés, qu’ils en tirent plus de revenus« et qu’ils ont moins de dépense à faire. Cette méthode a son beau« côté, qui pourrait séduire quelques personnes; mais, comme elle« est contraire aux principes d’une bonne culture, je vais la com-te battre par l’expérience.

« D’après ce procédé, il n’y a aucune dépense à faire pendant« les dix à douze premières années ; à cette époque, on tire de la« pinière, par le premier éclaircissage, un bien plus grand nombre« de bourrées ; ces bourrées sont très-longues, elles contiennenttt peu de feuilles et se vendent plus cher que celles d’une pinière« qui est souvent éclaircie. Jusque-là, l’avantage paraît évident;« mais que reste-t-il sur le terrain après l’éclaircissage? des arbres« étiolés, très-longs, très-grêles, presque sans feuilles et aussi gros« du haut que du bas. Une telle pinière languira pendant plusieurs« années, la plupart des arbres seront arqués par le vent et repren-« dront d’autant plus difficilement de la vigueur que l’éclaircissage