CULTURE DU PIN MARITIME
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« a été fait plus tard ; enfin, au bout de dix-sept à dix-huit ans, les« arbres seront assez gros pour faire de la corde à brûler ; encore,« pour cela, faudra-t-il que la terre convienne bien à cet arbre ; car« que serait-ce qu’une pinière ainsi traitée dans un terrain ingrat?« Il est facile de le voir : on peut examiner une pinière appartenant« aux hospices du Mans , située au bout du chemin de Perquois,« commune de Pont-Lieue ; elle a été semée en 1828 et abandonnée'( à elle-même depuis cette époque : les entrepreneurs qui l’ont« ensemencée répondaient pendant trois ans du semis; dans la« crainte de ne pas réussir du premier coup, ils ont semé beaucoup« plus de graines qu’il n’en fallait. Dès la seconde année, le terrain« eût été facilement pris pour un pré, tant il y avait de pins qui« tous se louchaient : ceux qui n’y connaissaient rien trouvaient ce« semis magnifique; mais, au bout de quelques années, le sol a« été épuisé, les arbres se sont mangés les uns les autres : maintc-« nant il en est mort une grande partie, on voit les autres périr par« milliers; à peine quelques-uns, d’endroit en endroit, ont-ils pu« étouffer leurs voisins et s’élever au-dessus de ce fouillis impéné-« trable. La pinière, âgée maintenant.de sept ans, a à peine quatre« ou cinq pieds de hauteur; et quand même on éclaircirait, le sola est trop épuisé pour que cette plantation vaille jamais quelque« chose.
« Que l’on examine ensuite, à quelques cents pas de là, les pi-« nièces de M. Bérard aîné et les miennes, faites à peu près à la« même époque ? La question sera résolue de la manière la plus« positive en faveur de celle-ci : on y verra des arbres convenable-« meut espacés, tous de même force et de même hauteur, grands« déjàde dix à douze pieds et ayant cinqà dix pouces de circonférence.« Les pousses vigoureuses dechaque année ont de un pied et demi à« deux pieds de longueur ; les branches latérales nombreuses sont« garnies d’un feuillage épais et d’un beau vert qui abrite le tronc« et nourrit de nombreuses et fortes racines, qui affermissent soli-« dement l’arbre sur le terrain et le mettent dans le cas de résister« aux plus grandes tempêtes.
« Lors de l’éclaircissage des premières années, on arrache facile-« ment les arbres en les tirant à la main; dès qu’ils sont devenus« trop gros, on se contente de les couper au raz de terre à la serpe,« ce qui se pratique jusqu’à la dixième ou douzième année; les