ns. io, P . i» ) ENTRE LES LACS DE THUN ET DE LUCERNE . 3 97
tranchants, en résonnant comme du verre. A quelque distance des montagnesde gneiss le calcaire est en général plus compacte, divisé en couches souvent trèsépaisses et quelquefois traversé par beaucoup de filons spathiques. Il y a aussides couches subordonnées d’un calcaire noir très grenu. D’autres variétéssont chargées d’argile et d’autres encore de silice, en grains de sable, ou fonduedans le calcaire, qui dans ce cas devient extrêmement tenace et à cassure con-clioïde. Le schiste argileux ou marneux alterne avec ce calcaire en bancs sou-vent très puissants. Quelques uns de ces bancs du côté de Meyringen fournissentune bonne ardoise, d’autres sont très peu tenaces; ou leur stratification est tropirrégulière pour qu’on puisse les employer à cet usage. Ces ardoises, toujourseffervescentes avec les acides, ne diffèrent sons aucun rapport minéralogiquede celles qu’on exploite au Niesen ou dans le canton de Glaris , et qui cependantsont subordonnées au terrain crétacé.
Une modification très remarquable de ces roches a lieu à la limite supérieurede ce terrain, qu’il soit recouvert par le système crétacé ou non. Le calcaire y esttrès grenu ou saccharoïde , gris clair ou blanc, et alterne avec des schistesd’un éclat talqueux, rouges, verts ou bruns, et des grès quarzeux ou quarzites,qui contiennent des feuillets de talc. J’ai décrit ces roches dans les Alpes occiden-tales, p.65, sans me douter qu’elles serviraient à distinguer deux terrains, qn’on atant de peine à ne pas confondre dans nos Alpes . Depuis, nous les avons re-trouvées,M. Escher et moi, au pied du Roth-Brett, à la Jungfrau , et je crois nepasme tromper si je leur associe’les quarzites de la Wengern Alp et de Tschingelfeldau pied du Fauihorn et les schistes rouges et verts d’Engstlen, dont j’ai fait men-tion plus haut comme base du terrain crétacé. En effet ces roches paraissentfaire le passage du terrain jura-liassique à ce système supérieur, de manière quel’on peut les réunir à l’un ou à l’autre. Mais en les regardant comme appartenantau terrain crétacé, on en sera d’autant plus embarrassé pour donner une expli-cation plausible du mode de formation de ces roches. Car si l’on peut admettrequ’avant le dépôt de la craie les masses inférieures aient par une cause quel-conque subi une modification à leur surface long-temps peut-être exposée ànu, il sera difficile de se former une opinion sur les causes d’une altération quin’ait affecté que les couches inférieures d’un dépôt continu sans changer enrien de semblables couches à des niveaux plus hauts et plus bas que le leur.
A peu près au même niveau géologique que ces couches saccharoïdes et bi-garrées, on trouve sur le bord oriental du plateau du Hohenstollen, en haut del’escarpement droit de la \alléedu Gentel, des couches d’une mine de fer quiaété exploitée jusqu’au commencement de ce siècle. C’est un fer oolitique noir,attirable à l’aimant, qui paraît composé principalement de fer magnétique et desilice, et ne pas différer de la chamoisite du Yalais. La surface des couches expo-sées à l’atmosphère a passé à l’état d’ocre rouge ou jaune. On trouve une descrip-tion détaillée de ce gîte dans l’ouvrage de Besson. L’ensemble des couches fer-