U LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Barial (Merûoui, la Méroê d'Hérodote ). Petronius ne s’arrêta qu’au con-tinent de l’Atbara. — Nous parlerons ailleurs 1 2 de l’importante explorationdes tribuns et des prétoriens ale Néron , envoyés à la recherche des sourcesdu Nil. — Pline avait recueilli presque tous "les noms des peuples de lahaute Ethiopie .
Entre l’époque de Pline et celle de Ptolémée se placent trois documentsgéographiques d’un grand intérêt : 1° Un certain Arrien , d’origine égyptienne,marchand de profession, avait fait pour les affaires de son négoce "plusieursvoyages dans la mer Erythrée (mer des Indes), tant sur le littoral indienque sur la côte orientale d’Afrique . Il écrivit d’après son expérience per-sonnelle et les observations antérieures un périple de la mer Erythrée ,destiné à servir de guide aux autres voyageurs et commerçants (vers 85 dePère chrétienne). Il mentionne comme les deux ports égyptiens d'entrepôtet de transit sur le golfe arabique Uyoshormos (.Mersa Moinbarouk, à quelques lieues au sud de Kosséir ) et Bérénice : il y fait connaître le royaumeà'Axoum et Adulis, le promontoire des Aromates (cap Guardafui ), la tribudes A valitœ (llabr Aouàl, une des tribus Somàlis ), l’ile Menulliias (Pembaou Zanzibar).
2° Vers 86-90, deux expéditions romaines, conduites par SeptimiusFiaccus et par Julius Uatemus, eurent lieu dans le désert contre les Ethio-piens et aboutirent au pays A'Agisymba (oasis d’Asben ou d’Aïr). Le récitde ces voyages est du au géographe Marin de Tvr, cité par Ptolémée .
3° Une inscription grecque, signalée en 520, par un marchand grecd’Egypte , Cosmos, qui se trouvait à Adulis, fournit de nouvelles indicationsgéographiques sur l’intérieur de l’Ethiopie . M. Vivien de Saint-Martin enfait remonter l’origine aux années 101 à 131 avant Jésus-Christ ; les nomscités par l’inscription sont ceux des régions situées pour la plupart entre lamer Rouge et le Nil , dans l’Abyssinie actuelle (Tigré, Semen, Enderla,liegliamider.)
L’Afrique de Ptolémée. — La description de l’Afrique par Ptolémée (vers 140; s’étend bien au-délà des contrées précédemment décrites; elle dé-passe l’équateur. « I)e grandes rivières intérieures courent dans cet espaoe,» que remplissent une foule de noms de peuples, de villes et de montagnes.» C'est tout un monde nouveau qui apparait 8 . » 11 importe de ne pas sofier à cette science si abondante; les erreurs et les exagérations y sont fré-quentes, mais des progrès réels s’y font voir. Ptolémée néglige "d'indiquerses sources. C’est dans le quatrième livre de son ouvrage qu’il décrit l'A frique , en huit chapitres : il parle de la Mauritanie , parcourt de l’ouest àl’est la Numidie , l’Afrique propre, la Cyrénaïque , la Marinarique, la zonelibyque, l’Egypte ; décrit la Libye intérieure’, la région du haut Nil jusqu'àSvèue et la région inconnue qui est au sud de l’Ethiopie et qu’il appellel’Ëthiopie intérieure. Ptolémée , après Strabon , mentionne le port d’Arsmoc(station du bassin des lacs Amers) et celui de Clisma (Kolzoum sous lesArabes et aujourd'hui Suez ), situé au fond du golfe où débouchait le fameuxcanal allant du Nil à la mer Rouge , commencé par Nécliao, continué parDarius, terminé par le second roi Ptolémée et réparé par Trajan qui luidonna son nom. Le géographe trace l’itinéraire de la mer Rouge et de lamer des Indes et le prolonge le long de l’Azanie (côte orientale) jusqu’aucap Vrasum (cap Pouna 3 ).