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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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MAROC . 75

qui anime tous les Riffains 1 . Leur fanatisme, si grand quilsoit, ne sélèvera jamais à la hauteur de leur cupidité. »

Narcisse Cotte 2 ,

Le Maroc contemporain , ch. xiy.

(Paris , 1860, in-lS, Charpentier .)

Tanger .

« Tanger est la résidence du corps diplomatique et consu-laire accrédité près lempereur du Maroc . Elle a des commu-nications régulières avec lEurope par Gibraltar : deux foispar semaine, un petit bateau à vapeur fait la traversée dudétroit. Quand le temps est beau, cest une des plus char-mantes promenades maritimes qui se puissent imaginer. Onsembarque dans la matinée à bord du Jackal ou du Lionbelge , et après avoir été bercé pendant quatre heures sur les

1. « Vis-à-vis des Riffains , écrit M. Cotte, les moyens de répression directe se-» raient de nul effet, ou tout au moins insuffisants. Nous nen voulons dautre» preuve que la mission accomplie par la corvette à vapeur lo Newton, en 1854. Ce» bâtiment de notre marine, commandé par M. Hugueteau de Chaillé, longea toute» la côte du Riff à portée de canon, envoya des bombes sur les villages, détruisit» bon nombre de barques, en un mot donna aux Riffains une leçon assez sévère» pour que plusieurs de leurs chefs vinssent à bord demander la paix et offrir des» otages. On amena sur le pont un taureau qui fut égorgé en présence du com-» mandant comme gage des promesses solennelles faites par les Riffains . Quelques» mois après cet acte de soumission, deux navires étaient attaqués et pillés dans» les mêmes parages le Newton était venu croiser en faisant feu de toutes ses» batteries. » (N. Cotte, p. 254.)

« Je sais enfin qui sont ces nommes blonds, à visage de mauvais augure, qui,» en passant à côté de moi dans les rues écartées, me jettent un regard luit» comme une tentation dhomicide. Ce sont des Riffains , Berbères de race, qui ne» connaissent en fait de loi que leur fusil, et nadmettent lautorité ni des caïds, ni» dautres magistrats ; ces pirates audacieux, ces bandits sanguinaires, ces rebelles» éternels qui habitent les montagnes de la côte entre Tétuan et la frontière algé-» rienne, et que nont pu réussir à dompter ni les canons des vaisseaux européens ,» ni les armées du sultan, les habitants enfin de ce Riff fameux nul étranger no» peut mettre les pieds que sous la sauvegarde des marabouts et des cheilcs, sur» lequel courent tant de légendes terrifiantes, et dont les Tpopid&tions voisines» parlent comme dun pays lointain et inaccessible. On voit souvent, des Riffains à» Tanger . Ce sont des hommes grands, robustes, vêtus dun burnous foncé orné« de glands de diverses couleurs, quelques-uns avec lo visage marqué de tatouages» jaunes ; tous armés de longs fusils dont ils portent la gaine de laine rouge entor-» tillée autour du front en guise de turban. Ils vont par groupes, parlant à voix» basse, la tête inclinée, les yeux fixes, comme une bande de coupe-jarrets qui» cherchent leur victime. A côté deux, les Arabes les plus sauvages me paraissent» comme des amis denfance. » (E. de Amicis, le Maroc ; Tanger ; Tour du Monde,l or semestre 1879.)

2. M. Narcisse Cotte a séjourné plusieurs années au Maroc , en qualité dattachéau consulat français de Mogadcr.