ïeau de n’avoir aucune réponse directe du gouvernement français . Leconsul répliqua que la réponse avait été transmise par lui en temps'et lieu.Le dey s’emporta, se leva de son siège, et frappa le représentant de la France de trois coups de son chasse-mouches « avec le manche 1 . » Le consul seretira, écrivit à son gouvernement, et demanda une réparation exemplaire.Le conseil des ministres résolut de l’exiger immédiate et éclatante : :M. Devalreçut l’ordre de quitter Alger ; nos nationaux firent de même, et le comman-dant Collet déclara les négociations rompues. — Nos comptoirs de Bône etde La Calle lurent pour la quatrième fois saccagés. Un brillant combat navalfut livré aux corsaires dans les eaux d’Alger par le commandant Collet :mais le dey ne se soumit pas. L’année 1828 se passa en hésitations; tantôton négociait, tantôt on se battait. Le blocus d'Alger était permanent. Enjuillet 1829, le successeur de Collet, le capitaine de la Bretonnière, montésur le vaisseau la Provence, vint proposer à Hussein un dernier accommo-dement. Le dey lut plus hautain que jamais. Aux menaces du parlementairefrançais il répondit : « J’ai aussi de la poudre et des canons, nous ne pou-» vo’ns nous entendre. Tu peux te retirer. Le sauf-conduit qui a protégé tan» arrivée protégera ton départ. » Le lendemain, la Provence, quittant la raded'Alger , fut criblée de boulets par les batteries du port. La Bretonnièrerefusa de riposter : le dey, quelques jours après, déclara que les canonniersavaient agi sans ses ordres. C’en était trop; la politique indécise du gou-vernement français prit fin : le ministère Polignac décida une expéditioncontre Alger . Le" pacha d’Egypte , Méliémet-Ali, proposa alors à Charles X desoumettre la Régence, en échange de 20 millions et de quatre vaisseaux deligne. M. de Polignac se laissa un instant séduire par cette offre singulière,et un officier français , le capitaine Huder, fut envoyé à Alexandrie . Mais lesultan Mahmoud s’opposa à l’entreprise de son vassal, que d’ailleurs lescollègues de Polignac, MM. d’Haussez et de Bourmont, ministres de lamarine et de la guerre, désapprouvaient. La France n’avait besoin de per-sonne pour venger les outrages subis et châtier une poignée de forbans.
Une flotte de cent trois bâtiments de guerre, escorta les quatre centsvaisseaux de transports qui portaient une armée de trente-sept millehommes. Elle débarqua à l’ouest d’Alger , à Sidi-Eerruch, lieu désigné jadispar Boutin pour tourner les défenses militaires d’Alger du côté de la mer.A la tête de ia flotte était l’amiral Duperré; l’armée était commandée parBourmont. Hussein se prépara à la défense avec une sombre énergie. 11 essayad’intéresser à sa cause Tunis , Tripoli et le Maroc . Ses voisins se conten-tèrent pour le moment de lui souhaiter bonne chance et d’invoquer Allah en sa faveur. Hussein poussé par les Anglais , qui intriguèrent de leur mieuxpour faire échouer l’expédition française, appela à son aide le sultanMahmoud. Celui-ci envoya en effet à Alger Tahir-Pacha pour saisir le dey,le faire étrangler, offrir à la France toutes les satisfactions désirables, et
1. Voici le passage le plus intéressant de la lettre où M. Deval rendait comptede la scène à son ministre, le baron de Damas : « Pourquoi votre ministre n’a-t-il» pas répondu à la lettre que je lui ai écrite? — J’ai eu l’honneur de vous en» porter la réponse aussitôt que je l’ai reçue. — Pourquoi ne m’a-t-il pas répondu11 directement? Suis-je un manant, un homme de boue, un va-nu-pieds? Mais» c’est vous qui êtes la cause que je n’ai’pas reçu la réponse do votre ministre;» c’est vous qui lui avez insinué de ne pas m’écrire J Vous êtes un méchant, un“ infidèle, un idolâtre ! » Se levant alors de son siège, il me porta, avec le mancheM de son chasse-mouches, trois coups violents sur le corps, et mo dit de mo reti-* rcr. »