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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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114 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

ôler tout prétexte à son intervention. Il était trop tard; Bourmont interdità tout navire étranger lentrée du port, et Tahir-lacha se rendit à Toulon .

Prise dAlger . Le débarquement avait eu lieu à Sidi-Ferrucb, ItIB et le 16 juin, presque sans coup férir. L'aga Ibrahim, généralissime delarmée du dey, attendait les Français du côté de lest. Il se hâta de veniroccuper le plateau de Staouëli, et fut remplacé par le bey de Titteri, Musta-fka-bou-Ikzntq. Après cinq jours de combat (23-29 juin) Staouëli fut enlevéd'assaut, et le mont Bouzaréa escaladé. Le 4 juillet, la clef des défensesd'Alger par terre. Sultan Kalassi, le château de lempereur, jadis construitpar Charles-Quint , malgré sa formidable résistance, fut forcé. Les Arabes mirent le feu aux poudres, et la forteresse sauta. Deux obscurs soldatsfrançais , Lombard et Dumont, sélancèrent à travers les ruines fumantes,et allèrent, planter le drapeau blanc au sommet du fort. Le dey, enfermédans la citadelle de la Kasbah, demanda alors à traiter. LinterprèteUrascewitz vint lui signifier au nom de Bourmont les conditions de la paii,auxquelles il adhéra publiquement 1 . La capitulation signée, on I'embarrpusur la Jeanne dArc pour Naples avec sa suite. Il y arriva le 31 juillet, et putapprendre en débarquant que Charles X , son vainqueur, était comme lui su:la route de lexil. Les janissaires partirent dAlger le 11 juillet; Bourmontles avait désarmés, mais leur avait fait distribuer généreusement deuxiooisde solde. LOdjak fut dissous, et la Méditerranée, grâce à la France ,allait être libre.

LAlgérie sous la domination française . Alors commen-cèrent les difficultés. La monarchie des Bourbons était renversée au moment elle venait de jeter la base dune colonie française africaine : le partilibéral avait accueilli avec froideur la nouvelle de la prise dAlger , et lesordonnances de juillet effacèrent dabord léclat de cette conquête féconde.Les fautes commises parles vainqueurs furent nombreuses et graves. Ils neconnaissaient ni les races, ni le sol de cette Afrique dont ils tenaient laclef. Ils ne distinguaient pas entre les Maures, les Arabes , les Kabyles, lesJuifs, les tribus de la plaine et celles de la montagne, les négociants desvilles et les chefs de grande tente. Ladministration dAlger fut confiéeà une commission municipale composée de Maures et de Juifs; les financesfurent livrées à un affreux gaspillage, la police désorganisée. Bourmonttrop confiant fit dans les environs de la ville des reconnaissances quilui donnèrent la mesure des haines des indigènes : celle qui fut dirigée surBlida commença comme une promenade triomphale et finit par des escar-

i. Voici le texte de cette capitulation : « 1° le fort do la Kasbah, tous les autres» forts qui dépendent dAlger et les portes de la ville seront remis aux troupes» françaises ce matin à dix heures; 2 ° le général en chef sengage envers Son» Altesse le dey dAlger , à lui laisser la libre possession de scs richesses person-» nclles ; 3° le dey sera libre de se retirer avec sa famille et ses richesses dans le» lieu quil ûxcra, e(, tant quil restera à Alger , il sera, lui et sa famille, sous la» protection du général en chef de larmée française; une garde garantira la» sûreté de sa personne et celle de sa famille ; 4° le* général en chef assure à tous» les membres de la milice les mêmes avantages et la même protection ; 5° lexer-» cice de la religion mahométane restera libre; la liberté de toutes les classes» dhabitants, leur religion, leurs propriétés, leur commerce et leur industrie ne»> recevront aucune atteinte: leurs femmes seront respectées ; le général en chef» en prend lengagement sur lhonneur; 6° léchange de cette convention sera» fait avant dix heures du matin. »

Le trésor du dey, saisi dans la Kasbah, fut évalué à 4368Î52S francs. Cest &peu près ce quavait coûté lexpédition.