124 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
lui de nouvelles négociations qui n’aboutirent pas. Accompagné du dud’Orléans, il fit alors (octobre 1839) une démonstration militaire de Cortî-tantine à Sétif et au Foudouk, en franchissant le fameux défilé des Porles-de-fer. Abd-el-Kader déclara la paix rompue, et saccagea la Metidja. Laguerre était rallumée. L’hiver se passa en escarmouches sans importance;mais au printemps, le gouverneur occupa Chercliell, et les colonnes fran-çaises, sous Inmivier, Lamorieière et Changarnier , enlevèrent brillamment)l’arme blanche les retranchements de Médéa. Le frère de l’émir, El-IkiljMustapha, fut battu près de Sétif ; dans l’ouest, l'épisode de la défense deMazagran est resté un des plus glorieux faits d’armes des guerres d’Afrique ,
La défense de Mazagran.
« Mazagran est une petite ville de la province d’Oran, voisinede Mostaganem , dont elle peut être considérée comme la cita-delle. Un fortin la défendait qui avait pour garnison cent vingt-trois hommes de la seizième compagnie du bataillon d’Afrique ,commandés par le capitaine Lelièvre et le lieutenant Magnien.Le matériel de guerre se bornait à une pièce de quatre, àquarante mille cartouches et à un baril de poudre. Abd-el-Kader voulait au début des opérations frapper un grand coup et s’em-parer d’Oran ; mais il fallait auparavant s’emparer de Mazagranet de Mostaganem, qui en forment en quelque sorte les ouvragesavancés.
» Dès le 1 01 et le 2 février 1840, on signala les éclaireurs del’ennemi; le 3, ils arrivèrent en masse. Quatre-vingt-deux tribusavaient envoyé leurs contingents formant ensemble dix à quinzemille hommes. Leur apparition fut si soudaine, que le lieutenantMagnien, qui n’avait pas eu le temps de rentrer avant la ferme-ture des portes, fut obligé de se hisser par une corde dansl’intérieur. Les Arabes s’emparèrent, sans peine, de la ville quenous n’avions même pas essayé de défendre, s’installèrent dansles maisons, et placèrent deux pièces de canon sur un plateau,qui faisait face au fort. Le feu s’ouvrit. Bientôt d’épaisses colonnesd’ennemis se précipitent vers l’enceinte. Les cent-vingt-troisFrançais les reçoivent à bout portant, et en font un terriblecarnage. Leur unique pièce, chargée à mitraille, abat des mon-ceaux d’hommes et de chevaux. La fureur des Arabes redouble.Ils se cramponnent aux murs, et s’y font tuer à coups de baïon-nettes, mais les morts sont aussitôt remplacés et nos soldats necessent de tuer et de tuer encore.
» Sur ces .entrefaites la nuit était arrivée. Les chefs Arabes ,