chargé de soumettre les Ouled-Riad révoltés, les cerna dans trois grottesoù ils s’étaient blottis avec leurs familles et leurs troupeaux, fit accumulerà l’entrée des fagots et de la paille, et y mit le feu. Plus de six centsfurent bridés ou asphyxiés..La fureur des Arabes redoubla; plusieurs Bou-Maza parurent à la fois, les représailles furent atroces. Abd-el-Ixader surprità son tour, près du marabout de Sidi-Brahim, le colonel de Montaignac etses quatre cents trente chasseurs : presque tous furent anéantis. La gar-nison d’Aïn-Temouchent fut contrainte de mettre bas les armes, et après sixmois de captivité, l'émir la fit égorger pour n’avoir plus à la nourrir. Bu-geaud redoubla d’activité et multiplia les poursuites. Abd-el-Kader , de plusen plus resserré entre nos colonnes, abandonné des tribus et sans alliés,essaya de soulever les Kabyles : ceux-ci l’accueillirent mal, redoutant dese donner un maître.
Abd-el-Kader se rend. — Il se réfugia au Maroc où Bou-Maza vintle rejoindre (1847). Mais tout nouvel effort était vain : Bou-Maza se rendità Saint-Arnaud 1 ; Abd-el-Kader , brouillé avec l’empereur du Maroc , essayade fuir. Mais Lamoricière surveillait ses mouvements. Arrêté par les spahisau col de Kerbous, il remit son épée au colonel Montauban , puis à Lainori-cière (23 décembre 1847). Le même jour il fut présenté àDjeinma-Gazouat auduc d’Aumale qui venait de prendre, à la place de Bugeaud , le gouver-nement de l’Algérie . Le prince ratifia les promesses de Lamoricière : à savoirqu’il lui serait permis de se retirer avec sa famille à Alexandrie ou à Saint-Jean-d’Acre. Mais le gouvernement ne les accepta pas : Abd-el-Kader futinterné d'abord au fort Lamalque, à Toulon , puis transféré avec sa smalaau château de Pau, plus tard à Amboise . En 18S3, l’empereur Napoléon III le visita, lui fit jurer de ne jamais retourner en Algérie , et lui rendit laliberté avec une pension de mille francs par semaine 2 , qui lui fut payéeexactement jusqu’à sa mort (1883).
1. Bou-Maza (l'homme à la chèvre) obtint sa liberté, séjourna à Alger , puis àParis , où il mena joyeux train, et parut réconcilié avec les roumis. il prit pluslard du service en Turquie , et mourut en Orient il y a quelques années.
2. Abd-el-Kader est resté fidèle à son serment : il fixa d’abord sa résidence àBrousse, en Anatolie , puis à Damas en Syrie . Il y vécut très à l’écart, retiré dansun quartier de la ville, dont il acheta successivement, pour IuL pour sa familleet pour ses serviteurs toutes les maisons. La plus vaste avait été transformée enmosquée; les plus petites logeaient les trois ou quatre cents Algériens qui l’avaientaccompagné dans l’exil. Abd-el-Kader vivait au milieu d’eux en patriarche et ensouverain. En 1800, les Druses musulmans, encouragés par la complicité des au-torités turques, so ruèrent sur les Maronites chrétiens, détruisirent leurs villagoset égorgèrent les populations. A Damas , six mille chrétiens périrent. Abd-el- Kader et ses fidèles Algériens intervinrent, et réussirent à sauver plusieurs mil-liers de Maronites. Trois mille se réfugièrent dans sa maison ; il leur donna asile,veilla sur eux, et ne cessa de les protéger que lorsque le gouverneur turc se futenfin décidé à faire son devoir. L’émir reçut en récompense de sa noble conduitele grand cordon de la Légion d’honneur. Eu 1870, des émissaires prussiens auraienttenté de lo gagner à la cause allemande, et de le ramener en Algérie . L’émirrefusa. La nouvelle des défaites de la France le laissa d’abord incrédule, puis leconsterna. Vaincu par nous, il n’imaginait pas qu’il fût possible à quiconque denous vaincre à notre tour. Un correspondant du Temps a raconté qu’à cetteépoque des visiteurs étrangers de passage à Damas , crurent flatter scs rancunesen allant lui narrer avec complaisance les désastres de nos armées. Abd-cl-Kadcrs’excusa d’avoir à sortir quelques instants, et les pria do l’attendre; il rentra, re-vêtu des insignes du grand cordon de la Légion d’honneur. Il fit ainsi comprendrea ses visiteurs l’inconvenance de leur langage. En maintes circonstances, l’émir