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le camp fortifié d’où partit le corps expéditionnaire qui devaitfaire tomber les murs de Constantine . Après avoir dépasséles constructions du camp, converties actuellement en exploi-tation agricole, on entre dans une gorge où l’on traverse surun pont de bois un affluent de la Seybouse, le Bou-Hamdan,puis on monte vers un plateau entouré de montagnes peuélevées. De loin déjà on reconnaît remplacement des eauxaux masses de vapeur qui s’élèvent au-dessus d’elles. Ellessurgissent actuellement avec le plus d’abondance à l’extré-mité d’un plateau où elles forment dix bouillons, dont l’uns’élevant à quelques décimètres au-dessus du sol. Ces bouil-lons sont à la température de 95 degrés, c’est-à-dire presque àcelle de l’eau bouillante..... Ces eaux exhalent de l’acide carbo-nique, de l’acide sulfhydrique et de l’azote ; elles tiennent endissolution du carbonate et du sulfate de chaux (plâtre), dusulfate et du carbonate de magnésie, du sulfate de soude, dela silice, un peu d’arsenic et du sel marin qui se déposent àmesure que le liquide perd de sa température initiale.
» Les eaux fournies par les dix bouillons se trouvant sur lebord d’un petit plateau, descendent immédiatement le longde la pente. Si c’était de l’eau pure, on la verrait simplementcouler sur les rochers pour se réunir au ruisseau de Chedakroqui serpente à ses pieds ; mais cette eau contenant en disso-lution des sels calcaires blancs qui se déposent à mesurequ’elle se refroidit, construit elle-même la roche sur laquelleelle tombe en cascade. Les formes de ce travertin (c’est lenom que les géologues donnent aux roches formées ainsi parles eaux minérales) sont aussi variées qu’élégantes. Leurblancheur éblouissante ou leur couleur d’un brun rougeâtredonne à l’eau qui les baigne tantôt une teinte d’un bleu clair,quand le fond est blanc, tantôt une coloration brune lorsqu’ellerepose sur du travertin coloré par l’oxyde de fer ou des ma-tières tinctoriales employées par les Arabes. Quand la penten’est pas trop forte, l’eau déposant de tous les côtés les selsdont elle est chargée, il en résulte qu’elle se forme à elle-même de petites digues de quelques centimètres de hauteur.De là des bassins à rebords circulaires plus ou moins ondulés