138 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
étagés l’un au-dessus de l’autre ; l’eau tombe d’un bassindansl’autre en faisant autour de petites cascades, ou en glis-sant sur le travertin déjà formé. C’est en miniature l’aspectde la grande cascade étagée de Saint-Cloud , non plus géo-métriquement régulière et monotone, .mais avec tous les ac-cidents capricieux résultant du dépôt calcaire, qui se fait plusou moins vite, en un endroit plutôt qu’en un autre, suivant lasaison, le vent, la température et l’émission plus ou moinsabondante des eaux incrustantes. Après que ces eaux se sontainsi déversées de bassin en bassin, sur une hauteur de cinqmètres environ, elles arrivent à la paroi presque perpendicu-laire du rocher : la formation des cuvettes étagées devenantimpossible, l’eau, en glissant sur la pierre, l’enduit d’unecouche de travertin représentant des draperies, des surfacesmamelonnées, et quand le rocher surplombe, de véritablesstalactites de forme conique, de la pointe desquelles coulesans cesse le filet d’eau générateur. La cascade se divise en-suite en plusieurs ruisseaux qui se jettent dans le Chedakra,dont le fond est tapissé de conferves d’un beau vert, et oùvivent, malgré la haute température, de petites grenouilleset des poissons.
» Les eaux produisent d’autres effets quand elles surgis-sent du sol sur un plan horizontal. Déposant autour d'elle les jsels calcaires dont elle est chargée, la source jaillissante élève !d’abord un petit cône creux dont les parois sont du traver-tin ; .le cône monte toujours jusqu’à ce que la force ascen-
sionnelle de l’eau ne soit plus assez énergique pour lui per-mettre d’atteindre l’orifice du sommet et de se déverser surses parois. Alors le cône ne s’accroît plus; l’orifice terminal ,s’oblitère, et le canal dont il est l’ouverture se remplit de jterre. L’eau minérale va chercher d’autres issues. !
» Quand on approche des bains d’Hammam-Meskhoutine,on aperçoit au haut du plateau une surface d’un hectare en-viron de superficie sur laquelle s’élèvent plus de cent de cescônes. Les uns ont une large base, les autres semblent desaiguilles. Il y en a de toutes grandeurs, depuis quelques déci-mètres jusqu’à quatre ou cinq mètres ; les uns sont isolés, les