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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALGÉRIE .

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autres disposés par groupes, ou môme soudés entre eux deuxà deux. La végétation sest emparée de quelques-uns, et sou-vent au sommet, un petit olivier sauvage ou un pistachiertérébinthe pousse comme dans un pot de fleurs. Rien de plusbizarre et de plus inexplicable au premier abord que ces cônesréguliers sélevant brusquement à la surface du sol, et commeon la vu, rien de plus facile à comprendre si on se donne lapeine danalyser le phénomène.

».Déposant toujours ses sels au fond et sur les côtés,

leau a construit elle-même le canal dans lequel elle coule ; cecanal une fois formé, elle en élève sans cesse le fond parladdition de nouvelles couches ; mais elle élève en mêmetemps ses parois. Aussi, au bout dun certain nombre dan-nées, leau coule au sommet dun aqueduc quelle sest con-struit elle-même ; et ces aqueducs ressemblent de loin à desenceintes de murs. Le canal qui règne tout le long de la crêterévèle seul lorigine de ce rempart.

».On voit que les eaux incrustantes dHammam-Mes-

ldioutine construisent des édifices complètement différentssuivant la conformation des lieux ou elles apparaissent à lasurface du sol. Sur un plan horizontal, des cônes verticauxcorrespondant chacun à un bouillon ; sur une pente douce,des bassins à formes semi-circulaires étagés les uns au-dessusdes autres ; sur une paroi verticale ou presque verticale, desfestons, des stalactites rappellent les ornements de Pompéïet de celles de la Renaissance, dont la fontaine de Médicis,au Luxembourg , nous offre le modèle. La source coule-t-ellecomme un ruisseau, elle se construit un aqueduc quelle élèvesans cesse ou quelle épaissit en forme de promontoire. Lartpourrait, en guidant ces sources, les forcer à élever les con-structions les plus compliquées, et même à mouler des vases,des statues, des bas-reliefs, comme on le fait aux eaux deSaint-Allyre, à Clermont en Auvergne . Labondance de la

1. M. de Tchihatclief (p. 391) compare ces sources à celles de Pambouk-Ku-jessi, en Phrygie , et constate que si laspect en est moins grandiose, la tempéra-ture en est plus élevée. 11 signale la rapidité extraordinaire avec laquelle setonnent à Hummam-Meskoutine les incrustations ; chaque année, la grande cas-