144 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
» Sans atteindre en général des proportions aussi vastes,Yeucalyptus globulus n’en est pas moins un des plus grandsarbres forestiers de l’Australie et du monde. Le tronc peutfournir d’immenses planches dont on a vu des spécimens auxgrandes expositions internationales, une par exemple, à l’ex-position de Londres de 1862 mesurant 23 mètres de longueursur 3 m ,oQ de large, avec une épaisseur proportionnée. L’Aus tralie avait voulu envoyer une planche de 31 mètres de long,mais on dut y renoncer faute d’un navire assez grand pourtransporter un fardeau si encombrant ; on l’aurait plutôt faitentrer dans la construction même du navire, car la marineanglaise et surtout la marine coloniale de l’Australie com-mencent à apprécier ce bois au triple point de vue de la soli-dité, de la ténacité et de la durée. « Les meilleurs baleiniers» qui sillonnent les mers del’AmériqueduSud, écrit M. Ramel,» sont ceux d’Hobart-Town : on en vante les quilles à toute» épreuve : elles sont faites avec Yeucalyptus globulus. »
» Par un privilège aussi rare qu’inattendu, le bois de l’eu-calyptus est un de ceux qui combinent la densité de textureavec la rapidité de la croissance. Cette croissance est surtout ra-pide dans les premières années de la pousse, mais elle conserveassez longtemps ce caractère pour ne s’arrêter dans le sens dela hauteur que vers l’âge de quatre-vingt ans : à partir de cemoment, les troncs, généralement très droits, ne se déve-loppent plus qu’en diamètre * 1 . Compacte et tenace, le bois
leur de l’arbre était d’environ 9S mètres. En calculant par analogie, la tige devaitcompter huit cents couches ou anneaux concentriques répondant à autant d’ai>nées d’âge. (A titre de comparaison avec les séquoias, voir notre volume deLectures sur l’Amérique , p. 148.)
1. L’eucalyptus se plaît particulièrement dans les terres basses, marécageuseset chaudes : il se contente, à la rigueur, de terrains maigres et secs, et brave lessécheresses d’été, à condition de plonger ses racines dans un terrain frais et fer-tile. En ce cas, comme on l’a vu au jardin du Hamma, sa croissance, au début,peut atteindre, en moyenne, 0 m ,50 par mois. M. Planchon rapporte qu’un semisd’un an mis en place au mois de mai, atteignait 6 mètres au mois de décembresuivant; le progrès se ralentit à partir de la troisième année, mais reste encoreprodigieux. Des eucalyptus plantés a Hyères en 1857, par MM. Huber frères,avaient 25 mètres de hauteur en 1872. Un de ces arbres, semé en janvier 1873, àHussein-Dey, par M. Ramel, et planté le 25 mars 1874, s’élevait, le 4 mai 1874, a4 m ,20 de hauteur. Un autre, haut de 91 mètres, a pu fournir un poids de 447000 kilo-grammes de bois. Le Catalogue raisonné des collections exposées par le serviez