à imiter les Anglais , et à faire entrer l’alfa dans la compositionde leurs pâtes à papier. Il en résulte que les alfas algériens ontacquis depuis quelques années une valeur considérable, et leurexploitation est devenue une véritable source de fortune 1 .
L’alfa se récolte de juin à décembre : cette besogne est faitepar des émigrants espagnols et des indigènes; un ouvrier peutrécolter environ 25 hectares dans sa saison. La cueillette se faitau moyen de bâtonnets qu’on enroule autour des feuilles et quiles tirent sans trop endommager la gaine d’où elles sortent.Quand l’alfa est sec, on le lie par petites bottes; on les empile,des voitures les emmènent au chemin de fer, et les wagons lesconduisent au port d’embarquement. Cette industrie donne lieuà un mouvement très actif à Sidi-Bel-Abbès . M. Jus, le célébréingénieur des puits artésiens de la province de Constantine, aréuni à Batna une magnifique collection d’alfa, et a tiré de cetextile, réduit en pâte, de nombreuses applications pratiques 2 .
Les mines «l'Aïn-SIolira.
« Si les anciens avaient connûtes mines d’Aïn-Mokra tellesqu’elles sont aujourd’hui, ils en auraient fait peut-être lahuitième merveille du monde, car nulle part au monde on n’atrouvé une masse métallique aussi gigantesque ni d’une
1. La compagnie franco-algérienne a construit une voie ferrée d’Arzeu à Saïda (250 kilomètres), en demandant comme garantie de ses capitaux la concession del’exploitation de l’alfa sur une étendue de 300000 hectares. Les principaux centresde production et de vente de l’alfa sont Sidi-Bel-Abbès , Tîemcen elle Sig (Oran ),Batna (Constantine ). La presque totalité de la récolte est exportée en Angleterreou en Espagne ; le reste, en petite quantité (4 °/ 0 ), en France et en Belgique .L’alfa sec se vend à Sidi-Bel-Abbès 7 à S francs le quintal, 12 francs au marchéd’Oran ; en dix ans (1868-1878), l’Algérie a exporté 400000 tonnes d’alfa, représen-tant une valeur marchande de 50 millions. (Algérie , Catalogue officiel de l'Expo sition universelle de 1878.)
2. « M. J us pense que la pâte d’alfa peut servir à la confection de vêtements» incombustibles et inattaquables par la vermine; de plus, que les briques fabri-» quées à l’aide de cette substance se prêteraient à des constructions de tout» genre et même de maisons d’une solidité à l’épreuve des armes à feu, car il m’a» assuré que de grosses dalles faites en briques d’alfa, exposées à l’action des» projectiles, n’ont pu être que difficilement percées par l‘e boulet. C’est h l’avenir» de décider jusqu’à quel point les espérances de M. Jus se trouveront réalisées,» et si, même après des essais heureux, la pâte d’alfa ne partagera pas le sort du» célèbre carton-ardoise, qui, lui aussi, eut la prétention, malheureusement non» justifiée, de remplacer le fer, la pierre et le bois dans la construction des car-» rosses, des maisons et des vaisseaux. » (De Tchihatchef, Espagne , Algérie ,Tunisie , p. 334.)