148 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Un service forestier colonial a été organisé et la surveillancedes forêts est secondée par les bureaux arabes. Des mesures deprécaution sont prises contre les incendies, des peines rigou-reuses infligées aux incendiaires, les tribus rendues collective-ment responsables des sinistres; des tranchées ont été creuséesdans les massifs, et les sections de forêts ainsi isolées les unes desautres comme par des lignes de défense. Enfin des plantationssont faites; plus de 2 000 hectares ont été reboisés. Malgré tous 1les dégâts du passé, l’Algérie renferme encore plus de deuxmillions d’hectares de forêts : les principaux massifs forestierssont dans les provinces de Constantine et d’Oran , ceux de Batna (19o 000 hectares), de Daya (188 000), de Saïda (90 000); Boisd’œuvre et bois de luxe, les uns propres aux constructions na-vales, les autres à la charpente, les autres à la menuiserie, lesautres à l’ébénisterie, à la tabletterie, à la sculpture, etc. ; ilscontribuent à la richesse de l’Algérie . Aux expositions univer-selles de 1858, de 1867, de 1878 à Paris , de 1873 à Vienne,de 1883 à Amsterdam , tout le monde a pu admirer l’éblouis-sante variété de ces bois et les objets de toute espèce, meubles,vases, plateaux, coupes, coffrets, etc., confectionnés avec lesthuyas, cèdres, chênes et eucalyptus de notre colonie africaine.
L’alfa. ■— L’importance de l’alfa n’a été révélée à l’Algérie que depuis une vingtaine d’années environ. C’est en 1862 quele premier chargement d’alfa algérien s’est fait à bord d’unnavire anglais . Cette plante textile ressemble au jonc par ses .feuilles effilées ; elle croît spontanément en Espagne , Algérie etTunisie , et servait depuis les temps les plus anciens à la confec-tion de menus ouvrages d’économie domestique dits de sparterie,tels que paniers, corbeilles, nattes, chaussures, balais, sacs,cordages, etc. Mais l’emploi de l’alfa pour la fabrication despâtes à papiers et des cartons est d’origine toute moderne et apris naissance en Angleterre vers 1836. Ce pays consomme desquantités énormes d’alfa ; il a presque épuisé les champs d’Es pagne , et demande ses approvisionnements à ceux d’Algérie quicouvrent cinq millions d’hectares. L’élévation croissante du prixdes chiffons détermina certains industriels français et américains