1Ü2 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE. ,
la puissance du gisement. Ce minerai est un fer oxydulé !manganifère presque pur, dont la masse mise à jour a déjàune étendue, de l’ouest à l’est, de 1800 mètres, et une puis-sance de 40 mètres. Le toit et le mur du gîte métallifère sontcomposés de micaschiste, plus riche dans le toit que dans le
mur. Dans la mine principale, le mur est à 10 mètres
au-dessous de la surface du sol et sur certains points il y af-fleure : mais à cause de son inclinaison, il doit nécessairements’enfoncer davantage à mesure qu’on se dirige dans le sensde son plongement. Aussi, dans un sondage d’essai fait à400 mètres au sud-est du grand puits d’épuisement, il a fallu jtraverser 80 mètres de roches avant d’atteindre le minerai, jIl est donc probable que si, comme on a lieu de le présumer, jles gîtes métallifères continuent dans toute la longueur de la :chaîne jusqu’à Bône, on aura à descendre à des profondeursde plusieurs centaines de mètres, ce qui exigera des travauxsouterrains plus étendus et par conséquent plus dispendieux.Mais le minerai, qu’on atteint aujourd’hui à une profondeurtrès peu considérable, offre encore un vaste champ d’exploi-tation, et il est tellement riche, puisqu’il donne de 60 à 70pour 100 de fer brut, que l’exploitation, môme à une grandeprofondeur, sera toujours fort lucrative.
» C’est à l’état brut que le fer est exporté en France , enAngleterre et même en Amérique , où se fait l’épuration défi-nitive du minerai, parce que la Société ne trouve pas soncompte à opérer sur les lieux même les procédés métallurgi-ques nécessaires... La mine principale est pourvue depuis-,sauts appareils d’épuisement pour l’eau ainsi que pour l’ex-traction du minerai. Cette dernière opération s’effectue parle moyen de charrettes, qui remontent et descendent à l’aidede poids et contre-poids, au fond des excavations très peuprofondes. Les charrettes déchargent le minerai dans leswagons du chemin de fer situé tout à côté de la mine, et decette manière une masse très considérable de minerai estrapidement transportée à Bône. La voie ferrée a été con-struite par la Société, et le train fonctionnant trois fois parjour est muni d’un certain nombre de wagons commodes et