élégants, destinés aux employés comme aux visiteurs que laSociété a la courtoisie de transporter gratuitement.
» Le nombre des ouvriers engagés dans les travaux de lamine de Molcra est de 800, chiffre qui est doublé quand on yajoute ceux qui sont employés dans les différentes minesappartenant à la Société 1 . Les ouvriers de Mokra sont éta-blis à côté de la mine, dans des maisons en pierre, construitespar la Société et très proprement tenues. La Société lesloue aux ouvriers à raison de cinq ou six francs par mois.Les prix de location sont prélevés sur les salaires qui s’élè-vent de 3 tà 5 francs par jour. Une nourriture saine et abon-dante leur est assurée par l’établissement d’une cantine,dont l’entrepreneur s’est engagé à tenir constamment à ladisposition des consommateurs à des prix modérés quantitéd’aliments requis par la Société qui, de son côté, garantit àl’entrepreneur une recette journalière. Une école, dirigée pardes instituteurs expérimentés, est destinée à l’instruction desenfants, et chaque ouvrier est tenu d’y envoyer les siens.Garçons et filles ont des salles séparées bien fournies de toutle mobilier scolaire : banquettes disposées sur plusieursrangs, cartes géographiques, ardoises suspendues aux murs,tablettes garnies des livres les plus nécessaires. Comme lamajorité des ouvriers est composée d’Italiens et de Maltais,leurs enfants sont particulièrement tenus à l’étude du fran çais : les écoliers arabes sont rares... Mokra est exposé auxlièvres paludéennes, particulièrement en été, lorsque la tem-pérature très élevée fait monter le thermomètre à 45 degrésà l’ombre. Les environs sont assez giboyeux, et même on avu plus d’un chasseur trouver que le gibier qu’il rencontrequelquefois est trop gros pour sa carnassière, car ici encore,le lion n’est pas rare : on nous apprit que, peu de tempsavant notre arrivée, on en avait tué un de taille considé-rable entre Mokra et Bône ; un autre jour, la diligence faisantle service entre Pliilippoville et Bône dut faire un détour,
1. La principale est celle de Karesas, à 22 kilomètres de Mokra, où l’exploita-tion du minerai de fer occupe deux cents ouvriers.