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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALGÉRIE . loi!

LAlgérie est très riche en carrières de pierres à bâtir et les princinalesvilles trouvent dans leur voisinage tout ce dont elles ont besoin pour éleverleurs édifices. Alger prend ses pierres à bâtir dans la montagne de Bouzaréadont le calcaire lui fournit aussi la chaux la plus estimée des environs. Leplâtre lui vient des fours de Iilida qui salimentent du gypse de la Chiffa.On trouve partout en abondance de la pierre de taille. La presquîle deDjerda sur laquelle repose Collo, est entièrement en granit, autrefois ex-ploité par les Romains. Tl y a des porphyres au cap de fer, sur le golfede Stora, des calcaires hydrauliques près de Dellys , de Ténez, des gisementsnombreux de gypse à Arzeu, à Christel (Oran), du gypse cristallise dans lesbassins du Chott et du Dayad-Ferd. Les habitants du pays après lavoirgrillé et réduit en poudre, remploient à blanchir la laine Idée et à détruireles vers qui se développent sur les plaies du chameau produites souvent parle frottement du bât ou la pression de la charge.

Les marbres abondent partout. Le plus remarquable est lonyx translu-cide de Aïn-Tekbalet à 4 kilomètres de lIsser , à 30 kilomètres nord-nord-estde Tlemcen , sur la route dOran à Tlemcen , que la richesse de coloration,l'opposition des tons et des couleurs, et la limpidité de la pâle rendent sanségal pour lart décoratif ; la carrière dAïn-Tekbalet est le plus puissant dépôtconnu donyx par son étendue et lépaisseur des bancs. Des blocs parfaite-ment sains de 7 mètres de longueur en ont été extraits, mais de nos jourson na su faire avec ce marbre onyx translucide, blanc, rose, jaune clair,jaune orange, vert maritime, brun foncé, que des garnitures de cheminées ;l'industrie parisienne sest emparée de ce riche produit depuis vingt-cinqans. Les Arabes en ont décoré tous les monuments do Tlemcen 1 .

Le mont I'ilfila est situé dans le golfe de Numidie à 8 kilomètres parmer du port de Philippeville ; les masses de marbre qui sy rencontrent ontété longtemps exploitées par les Romains. On estime la puissance du gise-ment à 18 ou 20 millions de mètres cubes de toute couleur.

.!. Tlemcen est située sur un plateau de 816 mètres d'altitude au pied des ro-chers escarpés de Lella-Seti qui la dominent au sud. « Lorsquon arrive du Pont-« de-lIssor, lœil distinguo, sur un plateau ménagé aux dernières pentes duno<* montagne escarpée, lantique roine du Maghreb . On la reconnaît facilement à» ses blancs minarets, à sa couronne do tours et de créneaux, à ses vieux rem-« parts qui tombent en ruine devant les nouveaux. D'immenses vergers d'oliviers,» une forêt de figuiers, de noyers, de térébinllies et dautres arbres lenvironnentx de toutes parts et forment autour delle une vaste ceinture de verdure. A chaquen pas que lon fait, le panorama se rétrécit; les édifices disparaissent et se» cachent dans lombre; lon naperçoit plus que les créneaux du minaret de lau grande mosquée, qui lève encore sa tète au-dessus de cette vaste enceinte, eth quon serait tenté de prendre pour un vaste nid doiseaux perché sur la cime» dun arbre. » (Abbé Bahgés.)

Tlemcen , fondée au septième siècle ap. J.-C., possède ee qui manque à la plupartdes villes algériennes, des monuments. Elle forme comme un musée de lart mau-resque. Outre ses portes, ses synagogues, ses églises, ses fontaines, ses édificesmilitaires, elle renferme soixante et une mosquées, dont la plupart tombent enruines, dont quelques-unes sont des chefs-dœuvre darchitecture arabe. La grandomosquée ( Djama-Kcbir ), vaste bâtiment carré de 50 mètres, est flanqué dun mi-naret rectangulaire, haut de 35 mètres, orné sur ses quatre faces de colonnettcsde marbre, et revêtu de mosaïques formées par de petites pièces do terre cuitevernissées de plusieurs couleurs, et découpées de façon à combiner les dessinsd'ornement les plus variés. La mosquée de Bou-Médine, dont le minaret avait étécopié pour le pavillon de lAlgérie a lExposition universelle do 1878, peut, dit-M. Bourde, soutenir la comparaison avec nimporte quel chef-dœuvre. Au temps