154 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,parce que, au beau milieu de la route, une lionne étaitcouchée à côté de ses lionceaux, et n’axait pas l’air de vou-loir se déranger pour faire place. »
P. de TcmnATcnEF 1 ,
Espagne , Algérie , Tunisie , lettres à Michel Chevalier,
lett. xyi, p. 366.
Les mines et les carrières. — Le sol tourmenté de l’Algérie ren-ferme de grandes richesses minérales; chaque année on découvre de nou-veaux gisements. Les collections minéralogiques qui figuraient à l'Expositionde Paris en 1867 avaient permis d’apprécier l’importance et la variété desrichesses métallifères de l’Algérie ; mais à cette époque, l’industrie minière,dépourvue de capitaux et de voies de communication, ne pouvait être consi-dérée que comme une promesse de l’avenir. Il y a en effet, à peine unequinzaine d’années que les capitaux français et anglais se sont sérieusementfixés dans les grandes entreprises minières de notre colonie. On a pu voir à il’Exposition de 1878 les progrès accomplis.
Il existe dans les trois provinces cent quatre-vingt-trois gites métallifèresreconnus, dont vingt-cinq mines métalliques régulièrement concédées, centvingt-une non concédées et trente-sept minières de fer. On peut y ajoutersoixante-quatre carrières et cinquante-neuf gites de sel. Le fer, le plomb,le cuivre, sont les minéraux les plus communs. On rencontre aussi desmines de mercure, de zinc, d’antimoine. Dans l’espace de quatorze ans, de1859 à 1873, la valeur de la production minérale s’est élevée de 862 000 francsà 5900 000 francs. Près de quatre mille cinq cents ouvriers travaillaient àl’extraction des minerais en 1876, et l’Algérie extrait par an près de sixcent mille tonnes de minerais de fer, plomb, cuivre, zinc. La province deConstantine possède plus de mines que les deux autres.
Les mines de fer priment toutes les autres et sont en ce pays d’unefécondité et qualité exceptionnelles. L’abondance de ce minerai est uiie sourcede richesses incalculables. Ces produits sont recherchés par toute l’Europe.Les principales mines de fer exploitées sont celles de VEdongh, près deBonc, minerai de fer magnétique excellent pour la fabrication de l’acier etdes fontes aciéreuses. On compte trois principaux gites : A in-Slokra, Mo-kra-el-IIadid et les Karesas, reunis et desservis par un chemin de fer deMokra à la Seybouze. Ain-Mokra occupe à elle seule mille cinq cents cin-quante-cinq ouvriers et produit par an quatre cent mille tonnes. L’exploi-tation se fait à ciel ouvert, par gradins droits snr les bancs du mamelon deMokfa-el-IIadid. On évalue l’épaisseur du gite au centre à 50 mètres 2 .
1. M. Paul de Tchibatchef, originaire de Russie , correspondant de l’institut de France , fit en 1879 un voyage scientifique en Espagne , Algérie et Tunisie . Lesconnaissances étendues, le jugement sûr, l’esprit impartial du voyageur d’ailleurstort sympathique à la France , sa haute situation qui abaissait devant lui toutesles barrières, lui ont permis de tracer do notre colonie un tableau exact et magis-tral. On éprouve un vif plaisir à lire sous la plume d’un étranger l’éloge de notreœuvre coloniale que trop de Fronçais s’efforcent de calomnier.
2. Les minières de Beni-Saf (Oran ), dont l’exploitation est toute récente, sont lapropriété de la compagnie de Mokta; elles ont donné 110,000 tonnes de mi-nerai en 1880. Le port de Beni-Saf leur sert de débouché.