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lia pêche du corail.
C’est en 1520 que des Provençaux obtinrent pour la première fois deKhaireddin Barberousse le privilège de la pêche au corail depuis l’ile deTabarka jusqu’à Bône. En 1561, deux négociants de Marseille , ThomasLinchês et Charles Didier , fondèrent, à 12 lieues à l’est de Bône, un comptoirde commerce et une station de pêche sous le nom de Bastion de France(prés du havre de la Calle). Les Turcs le détruisirent en 1604. Henri IV ,qui régnait alors, ordonna à ses galères d’user de représailles, et son am-bassadeur à Constantinople , Savary de Brèves , exigea du sultan la recons-traction du bastion et une indemnité. La Porte rendit les prisonniers et lesvaisseaux, paya 6 000 sequins aux négociants, garantit leurs privilèges,destitua et exila le pacha de Tunis et fit étrangler celui d’Alger . Savary sedéclara satisfait.
Le traité de 1604 fut renouvelé en 1688, par l’ordre de Richelieu et parles soins du capitaine corse Sanson Napollon ; mais les corsaires turcs rui-nèrent de nouveau le Bastion en 1637, et l’administrateur du comptoir, unLyonnais du nom de Picquet, ayant fait banqueroute, enleva les marchan-dises et les pêcheurs de la Calle et alla les vendre à Livourne . Le Bastionde France ne fut relevé qu’en 1670, sous le ministère de Colbert. D’autrescalamités survinrent : les Concessions françaises d’Afrique furent ravagéespar la peste ; en un seul été, sur 400 hommes, il en resta 6. La Compagniecoloniale d'Afrique ne trouvait plus guère à enrôler pour la pêche et lenégoce que des aventuriers sans feu ni lieu. D’autre part, les Génois établisdans l’ile de Tabarka, alors peuplée de 1 500 habitants, faisaient auxFrançais une désastreuse concurrence. Le Bastion fut délaissé pour la Callequi devint le siège d’un grand mouvement commercial ; la Compagnie yplaça un gouverneur et une légion de commis et d’ouvriers, protégés parune* garnison de 50 hommes, des postes militaires, quatre bastions armésde canons. La Calle renfermait 2000 âmes, de beaux magasins, des quais,une église, une mosquée, un hôpital, un lazaret.
En 1799, les propriétés de la Compagnie d’Afrique furent saisies, la Calleévacuée par ses habitants, et livrée au pillage. Huit ans après, les Anglais ,à force d’intrigues, se firent livrer par la Régence d’Alger nos concessionsd’Afrique pour une redevance annuelle de 267 500 francs et les exploita dix ans.En 1816, on nous les rendit en ruines. La France releva les constructions,rétablit le comptoir, et le monopole du commerce fut concédé à un négociantde Marseille . La guerre d’Algérie , en 1S30, fut encore une fois funeste à laCalle. Lorsque le maréchal Clauzel, en 1836, fit réoccuper l’ancienne ville,nos troupes n’y trouvèrent plus que des poutres carbonisées, des murscalcinés, des débris de masures inhabitables. On la rebâtit et elle redevintle centre de la pèche du corail. Deux traités signés le 8 août et le 24 oc-
de sa plus haute puissance, Tlemcen avait 125000 habitants; ses relations com-merciales s’étendaient aux villes maritimes de la Méditerranée, aux oasis du dé-sert et aux cités du Soudan . Ses rois avaient une cour brillante, une armée aguer-rie, des richesses immenses; ils aimaient les sciences, les arts et les lettres; leurcapitale, décorée de monuments splendides, était, dans l’Afrique du Nord , unfoyer de lumières.