158 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
tobre 1832 par notre chargé d’affaires, M. deLesseps, avec Hussein, bey deTunis , au palais du Bardo , garantissaient à la France , moyennant un fermageîle 13 500 piastres, le monopole de la pèche du corail dans les eaux de laRégence. Ces conventions ont été respectées : elles sont aujourd’hui horsd’atteinte. L'histoire des concessions françaises du nord de l'Afrique est untémoignage éclatant de cette persévérance et de cette énergie dont notrepays a donné maintes preuves dans l’œuvre de son développement colonial.
Le corail a été longtemps considéré tantôt comme un minéral, et tantôtcomme un végétal. Un médecin marseillais, Peyssonnel, déclara le premierque « la fleur de cette prétendue plante n’était au vrai qu’un insecte sem-» blable à une petite ortie ou poulpe, dont il voyait remuer les pattes. »Réaumur et Bernard de Jussieu combattirent cette opinion; mais elle estaujourd'hui admise par la science. « On peut considérer, écrit M. Lacaze-» Duthiers, une branche de corail vivant comme une agrégation d’animaux» unis entre eux par un tissu commun dérivant d’un premier être par voie» de bourgeonnement et jouissant d’une vie propre, quoique participant à» une vie commune. C’est une famille dont les membres sont unis et» soudés. »
« Les bateaux corailleurs. — La pêche du corail n’ad’analogie avec aucune autre; dans les conditions où ellese pratique depuis les temps les plus reculés, sans qu’au-cune modification de quelque importance soit venue mo-difier son outillage ou ses procédés, c’est assurément l’in-dustrie qui, entre toutes, exige la plus grande dépense, onpourrait dire même le plus grand gaspillage des forces phy-siques.
» Les embarcations qui se livrent à la pêche du corail,viennent presque toutes d’Italie . Elles jaugent de 6 à 16 ton-neaux. Bien taillées pour la marche, elles sont très solides ettiennent parfaitement la mer. Leur voilure est considérableet se compose d’une grande voile latine, d’un foc et souventde quelques voiles supplémentaires de beau ou de mauvaistemps. L’arrière est réservé au cabestan ou à la pèche pro-prement dite, et à l’équipage. L’avant est aménagé pour lesbesoins du patron. Quand le propriétaire du bateau pèchelui-même, il est le capitaine de sa barque dont l’aména-gement est un peu différent : il a une couchette pour lui etune pour son second et aussi un peu plus de confortable.
» Dans le milieu se trouvent l’eau et le biscuit, disposésde manière à permettre à l’équipage de manger et de boire àdiscrétion, car c’est chose necessaire. Le corailleur con-