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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALGK1UE.

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Dieu ; le vin est à peu près inconnu à bord. Avec une nour-riture aussi simple et une solde relativement aussi faible, letravail rendu est cependant considérable et les fatigues pro-digieuses. On aurait peine à comprendre comment dans detelles conditions, le corps pourrait produire autant defforts,si lon ne remarquait que la consommation de la galette esténorme. On peut dire, sans exagération, que le corailleurmange constamment. Je nai jamais accosté un bateausans voir quelques-uns des hommes ayant un biscuit à lamain.

La pêche. « La pèche dure nuit et jour. Six heures derepos : voilà le temps donné pour refaire les forces. Les re-lâches sont courtes et le travail ne cesse complètement quependant les fêtes du 13 août et de la Fête-Dieu , ou quand letemps est mauvais et quil est impossible de tenir la mer. Habi-tuellement le bateau ne rentre au port que pour se ravitail-ler. Quand lengin est lancé à la mer, le patron fait orienterla voile daprès la fraîcheur du vent de manière à ne pasmarcher trop rapidement et à pouvoir accrocher la roche.Quand lengin est engagé, on ralentit la vitesse afin de nepas le briser et lon commence les manœuvres de la pêche.Si lon est en calme plat, on fait marcher le bateau avec lesavirons, et dans ce cas, tout léquipage rame vigoureusement.Quand la roche est bien accrochée, vient la manœuvre ducabestan que six ou huit hommes accomplissent, et que lepatron combine avec Iss mouvements et la vitesse de lembar-cation.Le câble de lengin, souvent jeté à 60 ou 80 brasses

(100 ou lit) mètres), senroule sur le tambour du cabestan.Lengin rencontrant les inégalités du fond, avance par sac-cades. Lhomme qui tient lamarre sent aux secousses pro-duites les moindres particularités de lopération ; tantôt ilcommande dactiver le travail du cabestan et daffaiblir lac-tivité de la voile, ou bien il ordonne une manœuvre in-verse.Quand lamarre du cabestan se roidit, il crie : molla!

ce qui revient à l'impératif français : « lâche! mollis. » Le ca-bestan cesse son action, la corde se déroule, et lengin tombeau fond de lanfractuosité de rochers quil a rencontrés.

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