102 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,les parois percées de trous; ces trous servent les uns à laissercouler l’eau, les autres à ajuster un petit sac de fdet à maillestrès serrées destiné à recueillir le corail déraciné ou cassé parles dents de fer. Au point de vue du rendement de la pêche,cet engin offre de réels avantages, mais il est destructeurpour les bancs.
» Le corail se fixe et se développe au-dessous des rochers ;il s’attache à tout ce qui est résistant et solide ; il faut donc lechercher au milieu des rochers. Il n’y en a pas sur les fondssablonneux ou vaseux. Donc il faut connaître la nature dufond : pour cela, une longue corde courbée en anse et lestéedans son milieu est traînée. Lorsqu’elle s’accroche, on lancel’engin. De la connaissance des fonds dépend le résultat dela pèche ; les pêcheurs cachent avec un soin jaloux leurs dé-couvertes. Les patrons possèdent une intuition vraiment ad-mirable pour retrouver par des marques à eux connues laposition qu’ils ont une fois explorée.
Les équipages; la nourriture. — » L’armement variedans la grande et la petite pêche. Dans la première, lesbateaux ont de dix à douze hommes d’équipage ; dans laseconde, quatre ou six. L’origine des matelots est trèsdifférente. Beaucoup viennent des côtes de la Toscane.Les Génois semblent aujourd’hui diminuer, la plupart sontNapolitains. La réputation du pêcheur de corail n’est pasà l’abri de tout reproche. « Il faut avoir volé ou tué pourêtre corailleur, » entend-on souvent répéter. Cette appré-ciation est presque devenue un proverbe. Les meilleurs
matelots sont payés 500 et -400 francs pour les six mois de lasaison d’été : le plus grand nombre est à la solde de 300 etmême de 200 francs. La nourriture du bord est en rapportavec cette solde : le biscuit (ou galetta) et l’eau sont à dis-crétion le jour et la nuit. Le soir, chaque homme reçoit unejatte de pâtes d’Italie fort simplement accommodées; quelquesarmateurs donnent aussi des oignons, mais le plus souventles matelots achètent eux-mêmes les fruits qu’ils emportentà la mer. La viande n’entre, dit-on, dans le menu du corailleurque deux fois dans la saison : le 15 août et le jour de la Fcte-