Acheté, choisi et trié à la Calle, le corail est expédié à Naples, à Tunis ,à Alger , à Marseille ; il s’en vend dans les bazars africains des quantitésassez considérables et ce commerce est presque entièrement entre les mainsdes Juifs. Les rendements de l’industrie du corail varient singulièrement d’uneannée à l’autre : en 1845, on comptait 16G bateaux corailleurs, dont un seulfrançais ; en 1865, 144 bateaux français et 143 étrangers; en 1876, 164 fran çais et 61 étrangers; en 1880, 135'français et 8 étrangers; 98 français et41 étrangers.
On voit par ces chiffres que cette industrie tend depuis quelques années àredevenir plus française. En 1865, on a exporté d’Algérie 30 867 kilogrammesde corail brut ; en 1874, 40786 kilogrammes; depuis, la décroissance estsensible; l’exportati n qui s’élevait encore en 1876 à 33028 kilogrammes,n'est plus que de 17876 en 1879, représentant une valeur de 536280 francs,et descend en 1880 à 10791 kilogrammes d’une valeur de 323730 francs,pour remonter, en 1881, à 20112 kilogrammes valant 603360 francs 1 .
Beautés naturelles de l'Algérie ;le Cliàl>et-el-AKra.
« A quelques kilomètres de Sétif , la route de Bougie s’en-gage dans la petite Kabylie . Le pays est toujours nu, maisil est très accidenté. La route court comme une mince entaillesur le flanc d’une montagne dont les nombreux contre-fortslui font décrire mille ondulations. Le sol est noir comme s’ilétait fait cte poussière de charbon, et quand ils sont rafraîchispar la rosée du matin, les chaumes, que les indigènes laissentfort longs, brillent sur ce fond sombre comme autant d’ai-guilles d’or. A Takitount, nous descendons dans un ravin oùl’on nous montre une source qui s’échappe du rocher par untuyau de bois. C’est une eau minérale d’un goût agréablequi rappelle certaines sources de Vichy . Un industriel en•avait entrepris l’exploitation avant 1871 ; mais l’insurrection
incendia son établissement, qui n’a pas été relevé.
».A partir de Takitount la route descend rapidement,
on marche sur la massive chaîne des Babors ; la crôte en est
1. Ces chiffres sont empruntes n YEtat de VAlgérie, publié par M. Tirman, à laStatistique algérienne officielle; à la Notice sur les produits maritimes du littoralalgérien , de M. Ach. Killias. Il ne faut pas oublier que ccs données, [uï sontcelles que fournissent à la douane les corailleurs eux-mêmes, ne doivent être ac-ceptées que sous toute réserve.