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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
» la fonte des neiges, se couvrent d’une herbe fine et courte,» très recherchée des troupeaux. Les propriétaires de ces prai-» ries y établissent des cabanes en branches ou en pierres sèches» (azib), qui servent d’abri aux bergers pendant l’été 1 . » (Hano-teau et Letourneux.)
Au centre du pâté montagneux compris entre l’oued Sebaou,et son affluent l’oued béni Aïssi, s’élève Fort-National, centred’une commune mixte, place forte pourvue de vastes caserneset de magasins militaires, construite en 1857 par le maréchalRandon, à 916 mètres sur un plateau qui commande tout lepays. Les communes mixtes d’Azeffoun, du Haut-Sebaou, duJurjura, sont de création récente, et n’ont encore que de pauvreschefs-lieux, rudiments de centres civilisés où juge de paix, offi-ciers ministériels, gendarmes et colons sont misérablement ins-tallés sous des baraquements. « Autour d’eux, les villages» kabyles grossièrements construits en pierres, reliés par des» sentiers de mulet, sont posés comme des nids d’oiseaux sur les» sommets des monts. Partout les crêtes rocheuses, étincelantes» de neige en hiver, ruisselantes de cascades au printemps, et» souvent enveloppées de brume, dominent des talus de verdure,» des jardins accrochés au bord des précipices, des corbeilles» d’oliviers, de frênes, de pampres, de chênes, de lentisques et» d’arbres fruitiers 1 2 . »
« Une promenade aux environs du Fort-National laisseun souvenir ineffaçable : les perspectives sont d’une infinie
1. « L’immense muraille du Jurjura, couverte de neiges pendant six mois de
* l'année, que d’Alger l’œil du promeneur aperçoit à l’horizon, et les nombreux
* contreforts qui viennent s’y souder, ont longtemps irrité, sans la satisfaire, la» curiosité des géologues. La science y a pénétré à la suite de nos colonnes; elle» a pu facilement constater la constitution de la zone montagneuse inférieure;« mais les hautes cimes avec leurs grandes masses calcaires d’une composition> presque homogène, leurs failles nombreuses et surtout la rareté de leurs couches» fossilifères, ont souvent trompé les efforts des explorateurs, et ce n’est que peu
* a peu qu’elles ont livré les mystères de leur formation, n (Hanoteau et Letour -neux.) M. Ville , ingénieur en chef des mines à Alger , a pénétré le premier avecnos soldats dans les hautes régions de la Kabvlie; plus tard. M. Paul Mares, unepremière fois avec M. O. Debcaux, une seconde fois avec M. Letourneux, a par-couru une partie de la chaîne du Jurjura. MM. Nicaise et le capitaine Peron ontfait dans les mômes régions de minutieuses explorations géologiques. (Voy. Bulle-tin de la Société géologique de France , 2° série, 1S67-1SÔS.) — En 1SS1 et 1SS2,MM. Tissot, Pomel et Pouyanne ont publié la carte géologique provisoire au1/S00000° de l’Algérie avec un texte explicatif. Ces travaux considérables sont lerésumé de vingt ans d’études et d’observations. (Alger , 1881, Jourdan.)
2. P. Foncin, l’Instruction des indigènes en Algérie . {Revue internationale deEnseignement, 15 août 1883.)