188 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Quelque fumeur distrait, me dis-je. C’était la poignée d’unsabre. Tous les objets bons conducteurs, métaux ou miné-raux, causaient du reste la môme impression. On évitait des’asseoir sur les bancs. Les pavés de la rue vous rôtissaientles pieds à travers souliers et chaussettes. Aux premièresombres du crépuscule l’horizon s’enflamma de clartésrougeâtres. Les pentes de l’Atlas en étaient constellées. Onaurait dit des feux de la Saint-Jean. Autant d'incendies,m’apprit-on, quelques-uns allumés pour l’incinération dosbroussailles; mais le plus grand nombre causés par la seule
chaleur de l’air. Le vent tourna pendant la nuit, et le
lendemain, il ne restait plus du phénomène que le souvenir.D’ailleurs, de pareils siroccos ne soutient tout au plus quetous les quarts de siècle et seulement en automne. Ceuxd’hiver sont bénins, jamais ils ne dépassent 27 à 28 degrés,et s’ils fatiguent l’Algérien, l’étranger, loin d’en souffrir, lesaccueille avec délices. » Charles Desprez,
Les nialiara ou chameaux coureurs.
« Le maliari est beaucoup plus svelte dans ses formes quele chameau vulgaire ( djemel ) ; il a les oreilles élégantes dela gazelle, la souple encolure de l’autruche, le ventre évidédu slougui (lévrier) ; sa tète est sèche et gracieusement atta-chée à son cou ; ses yeux sont noirs, beaux et saillants ; seslèvres longues et fermes cachent bien ses dents ; sa bosse estpetite, mais la partie de sa poitrine qui doit porter à terrelorsqu’il s’accroupit, est. forte et protubérante ; le tronçon desa queue est court ; ses membres, très secs dans leur partieinférieure, sont bien fournis de muscles à partir du jarret etdu genou jusqu’au tronc ; la face plantaire de ses pieds n’eslpas large et n’est point empâtée; enfin ses crins sont raressur l’encolure, et ses poils, toujours fauves, sont fins commeceux de la gerboise 1 .
1. Tons les voyageurs ne sont pas aussi favorables au chameau que le généralPaumas ; témoin ccttc plaisante boutade de M. P. Bourde : « Avec son profil fuyant,