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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALGÉRIE . 189

» Le maliari supporte mieux que le djemel la faim et lasoif. Si lherbe est abondante, il passera lhiver et le printempssans boire ; en automne, il ne boira que deux fois par mois ;en été, il peut, même en voyage, ne boire que tous les cinqjours. Dans une course do razzia, jamais on ne lui donnedorge; un peu dherbe fraîche au bivouac et les buissonsquil aura broutés en route, cest tout ce quil faut à sachair ; mais au retour à la tente, on le rafraîchira souventavec du lait de chamelle dans lequel on aura broyé des dattes.

» Si le djemel est pris de frayeur ou sil est blessé, sesbeuglements plaintifs ou saccadés fatiguent incessammentloreille de son maître. Le mahari, plus patient et pluscourageux, ne trahit jamais sa douleur, et ne dénonce point

à lennemi le lieu de lembuscade.Le mahari est au djemel

ce que le djiend (noble) est au kheddim (serviteur).

» On dit dans le Tell que les mahara font en un jour dixfois la marche dune caravane (100 lieues) ; mais les meilleurset les mieux dressés, du soleil à la nuit, ne vont pas au-delàde 33 à 40 lieues ; sils allaient à cent, pas un de ceux quiles montent ne pourrait résister à la fatigue de deuxcourses, bien que le cavalier des mahari se soutienne pardeux ceintures très serrées, lune autour des reins et duventre, lautre sous les aisselles. Dans le Sahara algérien ,après les montagnes des Ouled-sidi-Cheikh, les chevaux sontrares, les chameaux porteurs innombrables, et les mahara deplus en plus nombreux jusquau Djebel-IIoggar.

».Lejeune mahari a sa place dans la tente ; les enfants

jouent avec lui, il est de la famille ; lhabitude et la recon-naissance lattachent à ses maîtres, quil devine cire ses amis.

>' scs petites oreilles dressées comme des houppes de poils, son nez camard, ses» longues babines quil semble vouloir pincer avec malice, ses grandes dents, son» dandinement perpétuel, le chameau a lair dune bêtise si prodigieuse quon ne» sy accoutume point; scs gros yeux sont toujours en proie à lahurissement: à» chaque instant, il dresse la tête comme pour demander de quoi il sagit. Et il a» l'humeur quinteuse et grognonne des imbéciles prétentieux. Q uan d lordonnanco» qui veillait sur notre convoi allait en avant pour faire ranger les caravanes,» nous entendions les chameaux crier avec colère, parce quon les dérangeait. Ce« cri rappelle le son quon obtient lorsquon soufflo avec vigueur dans un tuyau de» terre cuite. Jen demande pardon aux cent quatre-vingt mille chameaux do» lAlgérie , mais ils mont paru des animaux peu aimables. » (A travers VAfrique,